15 septembre 2008
5è journée de Ligue 1 : Revoilà les polémiques !
Bordeaux et Marseille se sont montrés leurs muscles mais se quittent dos à dos, Lyon fait jaser, Paris intrigue et l'arbitrage qui fait enfin polémique tels sont les grands enseignements de cette cinquième journée de Ligue 1.
ça sentait bon la Ligue des Champions samedi soir à Chaban. Les Girondins recevaient des Marseillais qui n'ont plus gagné à Bordeaux depuis 30 ans. De quoi enrager. Pourtant ça avait bien commencé. Niang partait dans la profondeur, enrhumait Ramé avant de servir sur un plateau Koné et ceci malgré le retour de Chalmé. On jouait depuis deux minutes ! Avant la demi-heure de jeu, Gourcuff initiait un mouvement avec Chamakh qu'il préférait poursuivre avec Gouffran. L'ancien Caennais jouait le une-deux à l'entrée de la surface pour le Marocain qui contrôlait de la poitrine avant d'envoyer un missile sur la cage de Mandanda. Le match se pouruivait sur un rythme très engagé où le viril mais correct était rigueur. De ce point de vue là, les deux équipes semblaient prêtes pour Chelsea et Liverpool mardi. Même si Souleymane Diawara est un peu border line à mon sens. Mandanda a l'air de moins en moins serein pour commander et s'imposer auprès de sa défense. Autant sur le but il ne peut pas grand chose, autant sur le coup franc de Wendel à la 16è avec ce ballon relâché, il m'inquiète pas mal. Je ne sais pas si c'est juste moi où s'il y a encore embargo dans les rédactions sur le sujet. Par contre ce Mamadou Niang devient un joueur de plus en plus décisif et important dans le jeu marseillais. 1-1 score finale, les Marseillais prennent un point précieux et gardent à peu près le rythme, mais Bordeaux se retrouve déjà à 6 points de Lyon.
Crise de nerfs à Gerland.
Je vous le disais dans la présentation de cette journée de championnat, Lyon a du mal avec Nice depuis 2002 avec seulement deux victoires et des matches nuls pour le reste. Et les hommes de Frédéric Antonietti ont bien failli repartir de Gerland avec trois mérités après deux buts de Bamogo et Rémy. Sur ces deux buts, Cris est complètement aux fraises et d'ailleurs un penalty aurait pu être sifflé si Loïc Rémy ne marquait pas par ses propres moyens. L'air de rien, l'OL encaissait là ses deux premiers buts de la saison.
Les Gones revenaient au score par un coup franc de Juninho inexplicablement accordé (mais Letizi avait le droit de l'arrêter également). L'égalisation de Juninho (encore sur coup franc) a fait polémique sur le coup puisque les Niçois étaient convaincus que Piquionne (parti à la base pour dévier le cuir) était hors-jeu. Les images de Foot + imposaient l'idée contraire. Enfin, l'arbitre assistant du match agitait son drapeau pour signaler une main de Vincent Hognon lors de son tacle. C'est le ballon qui allait vers le coude du joueur et pas l'inverse. Que dit la loi 12 là- dessus ? L'arbitre doit sanctionner d'un penalty si le joueur touche « délibérément le ballon des mains ». Forcément les Niçois étaient furieux, Cyril Rool se faisait expulser (forcément) et Benzema donnait la gagne à son équipe à la 94è (3-2).
Cadeau bonus, la déclaration d'après-match de Cyril Rool : «Je me suis accroché avec le quatrième arbitre, celui qui n'est là que pour montrer les minutes et il m'a sorti le rouge ! Prendre trois buts sur coups de pied arrêtés, c'est sévère. Sur le penalty, il n'y a que lui (l'arbitre assistant) qui voit la main. Personne dans le stade n'a bronché, ni aucun joueur lyonnais. Nous, on demande simplement d'être arbitrés comme tout le monde. Déjà qu'on n'a pas les mêmes armes... J'espère que cet arbitrage, on le reverra partout et avec n'importe qui. Si c'est le cas, j'assumerai et je ne leur parlerai plus (aux arbitres). Je pense que c'est plutôt l'arbitre qui doit être exclu ce soir plutôt que moi, même si mon exclusion est méritée.»
Paris dans le coup...
Mais on va attendre un peu même si le PSG est, ce lundi, troisième de la Ligue 1 (au goal-average devant Grenoble). Car les Parisiens se sont imposés dimanche soir 1-0 contre le dernier de la classe (Nantes) sur un penalty discutable obtenu par Guillaume Hoarau et transformé par Mateja Kezman (qui inscrit-là son premier but en France). Sans Makélélé, Paris a été moins impressionnant qu'à Caen malgré de biens belles séquences gravitant généralement autour d'une prise de balle de Sessegnon. Côté Nantais, il y a eu un petit début de révolte dans le jeu (surtout en seconde période), mais avec des contrôles aussi mauvais, on ne peut guère espérer mieux. Élie Baup va devoir faire bosser ses contrôles à Aurélien Capoue, Claudiu Keserü (sorti à la mi-temps) et Mamadou Bagayoko notamment.
Le Mans rate le coche.
Le MUC 72 pouvait se retrouver en tête en cas de succès contre Toulouse (et surtout si Marseille et Lyon ne gagnaient pas). Mais les hommes d'Alain Casanova ont surpris leur monde avec une surprenante réussite avec deux buts pour une occasion et demie. C'est ainsi que Fodé Mansaré ouvrait le score après 10 minutes de jeu avant que Saber Ben Frej ne contre la frappe de Braaten et trompe Yohann Pelé. Mais Le Mans maitrisait le ballon et donnait une belle impression. Peut-être même de pouvoir remporter ce match. On pouvait y croire dans les travées de Léon-Bollée avec la réduction du score d'Anthony Le Tallec à la 35è. (2-1) D'ailleurs avez-vous remarqué qu'on parle de l'ancien joueur de Liverpool lorsqu'il marque et de l'ancien joueur de Sochaux quand il fait un sale match ? En seconde période le TFC se repliait façon Fort Alamo et tenait sa deuxième victoire de la saison (après le Havre).
Saint-Étienne n'y arrive pas.
Alors bien sûr, avec deux actions litigieuses de hors-jeu, les Verts auraient pu revenir de Michel D'Ornano avec au moins un point. Ça sera une défaite 0-2 à la place ; la faute à Fahid Ben Khalfallah et Benjamin Nivet. D'Ornano a également découvert un gros frappeur de coup franc en la personne du latéral droit Pablo Maximiliano Barzola qui a bien allumé Viviani. D'ailleurs le portier vert a relâché un de ses ballons dans les pieds de Ben Khalfallah pour l'ouverture du score.
Laurent Roussey avait pour sa part promu Paulo Machado, Daisuke Matsui et Dimitri Payet en lieu et place d'Ilan, Dernis et Feindouno mais rien n'y fait. Gomis n'a toujours pas marqué et semble être dans une période difficile à gérer après ses sélections en bleu. Question de temps certainement, mais en attendant les Verts jouent perso, n'y arrivent pas et sont toujours 18è.
Les autres résultats et le classement :
6 928 pectateurs payants ont assisté à la victoire 2-0 de Monaco (Park et Nimani) contre Lorient. C'est le nouveau record d'affluence par le bas de cette saison. 10 équipes s'étaient passé le mot pour faire 1-1. En plus de Bordeaux et Marseille, ce fut le même score mais pas vraiment les mêmes matches entre Valenciennes et Grenoble, Auxerre et Nancy, Rennes et Le Havre et Sochaux et Lille. Dans la foulée on note la bastos du bien nommé Brésilien du LOSC et les vendanges rennaises qui ont poussés les Normands a égaliser par l'inévitable Jean-Michel Lesage.
Au classement, Lyon se retrouvent seul en tête avec 13 points sur 15. L'OM décroche de deux points et occupe la deuxième place. Paris est troisième devant Grenoble à la faveur d'une meilleure différence de buts. Le Mans et Nice reculent aux 5è et 6è places (9 points chacun). Monaco est tout de même 7è, Toulouse se la coule douce à la 8è place et le même nombre de points (8) que les monégasques. Quatre équipes ont 7 points et occupent de la 9è à la 12è place à commencer par Caen qui devance Bordeaux, Valenciennes et Auxerre. Une victoire, trois nuls et une défaite, même parcours pour Rennes et Nancy (13è et 14è) qui regardent de haut Lille, 15è avec 5 points. À moins d'un point par match on trouve Le Havre (16è) et Lorient (17è) qui comptent 4 points. Saint-Étienne est 18è avec trois points. Avant dernier Sochaux (où ça grogne dans les tribune lol) avec deux points et dernier Nantes (un point) qui s'annoncent tout de même comme un adversaire coriace au jeu des sept différences avec la saison 2006-2007.
Quand Canal fait du France 2 Foot.
Quelle surprise n'a pas été la mienne samedi soir lors de Jour de Foot. Des résumés en forme de montage d'après les matches de foot +, sans analyses, sans interview, ni même de focus qui faisaient tant rire les cahiers du football depuis deux ans. Autrefois l'émission pour un public spécialisé qui sortait du stade, aujourd'hui à peine mieux qu'une chaîne d'info, l'émission fait figure d'amuse gueule avant la grande messe du dimanche qu'est le canal football club, en clair. Plus qu'un seul match (le dimanche) et un jour de foot réduit à peau de chagrin, à quoi ça sert d'avoir encore son décodeur ? Des résumés condition du direct, ça rappel étrangement France 2 Foot et c'était l'une des critiques faite au magazine présenté par Denis Balbir.
Arbitrage : Ayé c'est (re)parti !
À Valenciennes, Lyon, Paris, Caen on a critiqué l'arbitrage et l'on s'est à nouveau emporté à l'encontre des hommes en orange fluo comme la saison passée. Les médias qui ne sont pas tous des spécialistes du football, mais qui aime bien la polémique y vont de leur grain de sel ne distinguant pas l'erreur d'arbitrage du juge assistant de Lyon-Nice (c'est le ballon qui va vers le coude et pas l'inverse) et l'interprétation du penalty accordé à Paris où d'un arbitre à l'autre la décision peut varier mais il y a contact dans la surface et cela PEUT donc se siffler. Les déclarations des Niçois ont encore pollués une après-match où, à défaut de points, le spectateur pouvait au moins accorder sa compassion aux Niçois. Au moins Antonietti l'a fermé (c'est déjà ça) mais son patron Maurice Cohen est allé jusqu'à évoquer la possibilité d'aller plaider sa cause devant un tribunal civil afin « de faire avancer les choses ». On attend avec impatience son appel du 18 juin...
Au parc des Princes, le penalty accordé par Saïd Ennjimi après la poussée dans le dos de Guirane N'daw sur Guillaume Hoarau doit servir de cas d'école sur l'éventualité du recours à la vidéo dans le football. En effet, la loi 12 stipule qu'un penalty peut être sifflé en cas de bousculade dans la surface et ceci peu importe où se trouve le ballon. En ça, monsieur Ennjimi n'a pas commis d'erreur en appliquant le règlement. C'est son interprétation qui laisse dubitatif : Siffler ce penalty est dur pour les Nantais, mais ce n'est pas une erreur.
Car l'arbitrage est une affaire d'interprétation du jeu qui est régie par des règles. Tendre à une harmonisation de l'arbitrage est un veine utopie puisque l'interprétation varie d'une homme en noir à un autre. Quid de la vidéo ? Je ne crois pas que l'action amenant le penalty pour Paris puisse être clarifié par ceux qui auraient autorité à juger sur images. Elles montreraient un contact qui déséquilibre l'attaquant. Le règlement accorderait penalty, mais que ça serait (très) sévère. Wouah, tu parles d'un débat clarifié !
5è journée de Ligue : Présentation
26 mai 2008
La saison 2007-2008 de l'Olympique Lyonnais
Sans convaincre qui que ce soit, l'OL d'Alain Perrin réalise le premier doublé Coupe-Championnat de son Histoire avec la meilleure attaque de ses sept dernières campagnes. Au bout de sept titres d’affilés de nombreuses questions se posent. On tente de répondre à quatre d'entres elles.
Alain Perrin sera-t-il encore l'entraîneur de Lyon l'année prochaine ?
Si Lyon avait perdu la finale de la Coupe de France contre le PSG, il y aurait eu fort à parier que Jean-Michel Aulas se serrait séparé d'un entraîneur avec qui la communication passe mal. On y ajoute qu’il a fait passer la fin de saison sur le banc à l'un de ses joyaux en la personne de Hatem Ben Arfa. Le replacement à gauche de Karim Benzema pour quelques matches cette saison. L’élimination en huitième de finale de la Ligue des Champions. Bernard Lacombe, conseiller du Président pour le sportif, n'a pas apprécié. Mais voilà, Perrin a remporté le championnat avec la meilleure attaque (74 buts) des 7 titres lyonnais et a permis à Lyon de s'offrir la Coupe de France, plus aperçue entre Saône et Rhône depuis 1973. Il bénéficie également de l'éclosion de Benzema qui est le premier gone à inscrire 20 buts en championnat depuis la saison 2000-2001 de Sonny Anderson (22 buts).
Quelle équipe pour la saison prochaine ?
Samedi soir, Jean-Michel Aulas (JMA) a bien lâché deux secondes la Coupe de France pour expliquer ce qu’il comptait faire pour la saison prochaine. Pour la première fois, l’accent sera mis sur la Ligue des Champions : « On avait dit qu’après avoir gagné la Coupe, on ferait une équipe pour gagner la ligue des Champions. Je vous le dis, pour la première fois, ce sera la priorité la saison prochaine… » Un peu avant, JMA a « promis » 50 à 60 millions d’euros d’investissements, sans préciser si Ederson et Pjanic font partie du chiffre. Car oui, le Niçois et le Messin sont déjà dans les tubes pour l’année prochaine. Désireux de partir (à la retraite ou dans un autre club, on ne sait pas encore) Grégory Coupet pourrait voir Hugo Lloris le succéder dans les buts lyonnais. Le Niçois serait au Milan AC après avoir visité Milanello (le centre d’entraînement du Milan AC) il y a deux semaines. Sidney Govou a un bon de sortie pour la troisième année consécutive. Sera-t-il à nouveau Lyonnais en août ? L’avenir de Hatem Ben Arfa semble lié à la situation d’Alain Perrin, si le technicien lyonnais restait, le joueur demanderait certainement à partir. L’OM s’est déjà positionné sur le dossier, JMA n’a fermé la porte à rien. Juninho a émis le souhait de finir sa carrière à Lyon avec qui il a encore deux années de contrat. Comme souvent, Lyon va annoncer l’arrivée de stars du foot (ou pseudo star), rarement suivi des faits (jurisprudence Trezeguet, Drogba, Pauleta, Nasri…). Néanmoins comme le dit si JMA « on réalise des gros transferts à l’intersaison et il y aura probablement trois ou quatre joueurs supplémentaires ».
Jean-Michel Aulas va-t-il fermer sa gueule ?
Jamais président de club n’aura été aussi méticuleux à faire détester son club. Si Claude Bez, Bernard Tapie voire Michel Denisot avaient leurs travers, JMA a enchaîné les déclarations sulfureuses. Cela avait commencé dès le match de la deuxième journée de championnat. Le fameux déplacement à Toulouse. JMA avait réquisitionné le micro de Canal + pour fustiger l’arbitrage du match (expulsion de Kim Källström pour un crachat envers l’arbitre et la blessure de Cris) ouvrant ainsi la voie à une année de polémiques arbitrales pénibles, sournoises et irresponsables. Chaud comme une baraque à frite, JMA en a rajouté toute la saison avec son caprice sur les internationaux (débuté la saison précédente avec Abidal), le fameux complot anti-lyonnais, le refus du report de l’avant-dernier match de la saison contre Nancy en raison de la demi-finale de la Coupe de France contre Sedan trois jours plus tôt. Et des cours de journalisme dispensé à Grégoire Margotton si le licenciement ou non d’Alain Perrin.
C’est quoi cette histoire de record ?
Durant toute la saison, JMA nous a gonflé à vouloir nous faire croire qu’aucun club majeur en Europe n’avait réussi à être sept fois de suite son championnat domestique. C’est faux ! Le Celtic Glasgow (j’ose croire que c’est un club majeur) a réussi à faire neuf titres de rang entre 1966 et 1974. Ça ne date pas d’hier, mais le club catholique de la capitale Écossaise avait réussi à remporter dans l’intervalle la Coupe d’Europe des clubs champions en 1967, année du triplé avec la Coupe d’Écosse. Le doublé Coupe-championnat, le Celtic l’a réalisé par quatre fois sur cette période, 13 fois en tout.
Est-ce la fin d’un cycle ?
Serpent de mer en fin de saison, la question se repose une nouvelle fois ? Lyon ne va pas remporter 50 fois de suite le championnat de France alors la série prendra-t-elle fin la saison prochaine ? Parce que si l’on enlève les deux confrontations directes, Bordeaux a pris plus de points cette saison. Parce que l’air de rien, ça fait quatre saisons que l’OM finit dans les 5 premiers du championnat (une stabilité enfin retrouvée). Avec la meilleure attaque de ses sept titres, Lyon n’a pour autant pas vraiment conquis les foules quand Laurent Blanc et Éric Gerets focalisaient l’attention médiatique. Le jeu Lyonnais a pourtant paru emprunté. Le rouleur compresseur a paru largement prenable notamment sur les matches de Lens (0-3), la double confrontations contre Marseille (1-2 à Gerland et 1-3 au Vélodrome) et samedi dernier encore contre Paris au Stade de France (1-0 a.p). Les longues absences de Cris et Coupet et l’intérim minable de Cleber Anderson sont autant de raisons. Un certain malaise dans le vestiaire une autre avec un Alain Perrin qui n’a pas vraiment contrôlé les cadres pendant la saison. Juninho n’a pas semblé autant en forme que les saisons précédentes, notamment sur coup de pied arrêté, son influence dans le jeu a baissé au profit de qui ? Karim Benzema, pas 100 matches en ligue 1. La grande déception est une fois de plus venue de l’Europe où Manchester United n’a pas forcé son talent pour sortir les gones (1-1 ;1-0). Lyon n’a pas su emballé un match européen, ce qui aurait permis l’euphorie d’une épopée européenne. Une fois de plus, on dit que Lyon c’est la dernière fois et certainement qu’une fois de plus, Lyon sera à nouveau au rendez-vous la saison prochaine.
Les archives de la saison :
Et revoilà JMA
Les incohérences de Benzema
Quel gâchis !
Olympique Lyonnais : on s’inquiète !

