12 septembre 2008
L'Équipe : bientôt dans la tourmente.
Le CB news de cette semaine publie une double page sur les problèmes du quotidien l'Équipe auxquels il faut ajouter l'arrivée imminente de la « La face cachée du l'Équipe ».
C'est bien le problème du journalisme sportif en France et de son lectorat : Il n'y a qu'un seul quotidien pour tout ce beau monde. S'il l'on ajoute à cela que ce quotidien, l'Équipe, traîne des casseroles depuis 20 ans avec l'affaire Jacquet, le torpillage en règle du journal « le Sport » en 1988 et la connivence avec le monde du sport professionnel (particulièrement le football) que l'on peut lui reprocher à longueur de pages... Pas étonnant qu'une task force eût été monté afin de relancer le journal, tant dans les kiosques que dans les rédactions.
Le 1er septembre 2008, François Morinière (directeur général de la SNC l'Équipe), Rémy Dessarts et Fabrice Jouhaud (respectivement directeur et directeur délégué de la rédaction) se retrouvaient officiellement en charge avec pour mission de mettre fin au n'importe quoi ambiant tant dans le management que dans la ligne éditoriale du journal.
Bien qu'en position de monopole sur son marché, le quotidien du sport et de l'auto vend à peine plus qu'il y a 15 ans avec une diffusion en France payée de 323 184 exemplaires en 2007. De quoi inquiéter malgré la chute globale de la presse payante en France. En début d'année la maison mère (Amaury) a lancé la valse des entraîneurs avec le départ de Christian Chenut (DG) indiquant des « divergences stratégiques » avant que Claude Droussent et Michel Dalloni ne lui emboîte le pas pour les mêmes raisons. Couper autant de tête ne peut laisser supposer qu'une chose : la gangrène est profonde ; ou l'acharnement thérapeutique...
Indignation consensuelle, cabale idiote et populisme.
La rédaction chie dans son froc. C'est qu'à 45 ans passé dont 12 ans à l'Équipe, c'est pas facile de se recaser. D'autant qu'on aime plus trop le goût du risque depuis qu'Aimé Jacquet a conduit les Bleus à la victoire au mondial de 1998 et le « je n'oublierai jamais » de l'intéressé. Du coup, les journalistes ont arrêtés de faire leur boulot et se sont progressivement (mais surement) mis à faire autre chose que de l'analyse de match, dénoncer le dopage organisé du football ou du rugby et de relater la pertinence du 4-3-3 contre le 4-4-2 pour davantage parler des soirées mondaines des joueurs, des rumeurs de transferts, des polémiques à deux balles avec Jean-Michel Aulas et de reprendre les communiqués d'agences de presse pour la violence dans le football. En même temps, la parole est plus largement donnée aux acteurs du monde du sport. Institutionnels, sportifs et patrons imposent leur point de vue avec de moins en moins de contradictions et plus en plus de cirage. Le sondage fait son entrée dans les colonnes du quotidien et commande la bonne pensée générale. « Faut-il exclure le PSG de la prochaine Coupe de la Ligue ? » le bon peuple le souhaite largement et le journal, sans se poser les questions de la motivation de ce vote et encore moins de s'il a raison, sert du réchauffé 48 heures après le match. On pointe également le grand n'importe quoi de la saison passée qui a consisté à grossir des erreurs d'arbitrage en scandale d'état. Quand il y avait erreur... Mais là dessus les cahiers du football sont déjà passés par là avec les 85 fautes de l'Équipe.
Pas près de mettre la clé sous la porte quand même...
Mais la régie publicitaire va bien avec un chiffre d'affaires de 85 millions d'euros (stable par rapport à 2007). Alors tant que les annonceurs sont là, il n'y a pas encore péril en la demeure. Mais la stratégie du journal doit se repenser. Arrêter de demander son avis au lecteur et insister sur les clés lui permettant de s'en forger un. C'est quand qu'on va où avec qui ? Des numéros zéros sont programmés (mi-septembre pour l'un d'eux d'ailleurs). Entre le journal, la radio montée avec RTL, la chaîne télé et le site web qui est l'un des plus consulté de France (toutes catégories confondues), il y a du pain sur la planche.
La face cachée de l'Équipe.
La version consacrée au Monde avait fait très mal au quotidien du soir. Il semble que le livre de 552 pages écrit par le journaliste David Garcia donnent des sueurs froides au groupe Amaury. Tout y est repris : monopole sur l'information sportive, la confusion des genres en le Tour de France et les informations en sortent (pas), l'affaire Jacquet, le journal « Le Sport »... le tout avec des témoignages à visages découverts. Ça s'annonce bon comme du Denis Robert. En librairie le 9 octobre.
Avec CB news n°981 du 8 septembre.
08 septembre 2008
Luc Sonor et Jean-Michel Larqué : On ne peut plus rien dire !
Libres sont les journalistes de dire ce qu'ils veulent du moment que c'est vérifié. Au soir du derby entre Saint-Étienne et Lyon (0-1), Jean-Michel Larqué s'en est vivement pris à Luc Sonor, l'adjoint de l'entraineur stéphanois Laurent Roussey.
L'AS Saint-Étienne faisait figure de sérieux out sider pour cette nouvelle saison. Au bout de quatre journées, les résultats des verts ne sont pas à la hauteur des prévisions journalistiques avec une 18è place (quatre journées merde !). C'est après un derby une nouvelle perdu contre Lyon (0-1) que la profession encartée s'est mis à vociférer sur cette équipe qui avait le mérite, durant l'été, d'avoir conservé Feindouno, Gomis et Payet et d'avoir recruté Matsui, Sauget et Monsoreau (Mirallas est un chèvre, ce n'est pas un beau coup pour moi !). Pour expliquer une faillite collective au bout de quatre journées, il faut bien une tête de turc et comme Bafétimbi Gomis serait foutu de démarrer sa saison un jour ou l'autre, Jean-Michel Larqué a trouvé en Luc Sonor le fusible idéal. Lors de l'after foot sur RMC, l'emblématique capitaine stéphanois des années 70 (recordman des titres de champion de France -7- avec désormais Govou, Coupet et Juninho) a traité l'adjoint de Laurent Roussey de « pipe ». Quel crime n'avait-il pas commis, lui qui aurait tant d'influence dans le Forez ?! Bon, il fait encore plus fort derrière : « adjoint qui, lorsqu'il était footballeur, n'était pas un foudre de guerre et qui, par la suite, a prouvé qu'il était encore moins compétent. » Trop de violence en ce bas monde, halte !
The Empire strikes back.
L'UNECATEF (union nationale des entraîneurs et cadres techniques professionnels du football) publiait un communiqué de soutien au technicien via son Président Joël Muller, morceaux choisis : « Ce monsieur (Larqué) est devenu journaliste, mais il en a oublié les règles de bases. Ses déclarations reflètent l'état d'esprit de quelqu'un d'amer et d'aigri, alors qu'il devrait être autrement plus éclairé pour porter un jugement de valeurs digne de ce nom... Il ne fait que régler ses comptes à l'encontre de l'AS Saint-Étienne. C'est petit et mesquin... Sa place n'est pas au micro d'un radio, mais dans une tribune de supporters chauffée à blanc ». On aurait aimé voir autant de virulence de la part du syndicat des entraîneurs lorsque René Girard s'est fait viré du jour au lendemain de son poste de sélectionneur des espoirs (même si sportivement la défaite à domicile contre Israël et l'absence de J.O légitimait un peu la démarche). Mais il faut croire que bien que syndicaliste, on arrive à faire la part des choses en fonction de qui perçoit le loyer (la FFF).
De son côté Luc Sonor ne se laisse pas traiter de « pipe » comme ça : « Il m'attaquait déjà quand j'étais joueur, mais cette fois, je ne vais pas laisser passer ça. » Car l'adjoint a le soutien de son employeur. Du coup, le technicien devrait porter plainte pour diffamation. Le Juge demandera à monsieur Larqué s'il a une preuve que monsieur Sonor soit un pipe... rien que pour ça, je me déplacerai bien ! Car oui en France il faut prouver qu'on a raison, ce n'est pas au diffamé de prouver que le diffamateur a tord, contrairement aux USA.
Tempête dans un verre d'eau frelatée.
Si au moins Jean-Michel Larqué s'est été pris à la sexualité, à la couleur de peau ou aux moeurs de Luc Sonor, on pourrait dire qu'il a passé le bornes. Mais selon mes sources « pipe » ça vaut 0,1 sur l'échelle de la court d'école, juste au dessus de « pas cool ». Car dans son contexte, Jean-Michel Larqué n'insinue rien d'autre que l'entraîneur adjoint de Laurent Roussey est un nul, voire un toquard. Ce qui est un jugement de valeur professionnel et non d'homme. Ce n'est pas un tacle au niveau de la carotide non plus ! L'on assiste plutôt à un règlement de comptes entre deux personnes qui ne peuvent pas se voir. L'un a une carte de presse et l'autre un prisme médiatique important via l'ASSE qui vaut pour un conflit d'intérêt auprès du « journaliste de RMC » et du « consultant de TF1 », selon les mots de l'intéressé.
On pourrait presque croire qu'on a plus le droit de porter un jugement de valeur sur le travail d'un salarié d'un club de football. On marche sur la tête. Bientôt on ne pourra plus dire que « l'équipe de France a fait un match de merde » (Guy Carlier dimanche lors de Stade 2) sous peine de poursuites. Par contre on peut effectivement se prononcer l'objectivité d'un homme qui a évolué 15 ans à l'ASSE sur le travail des autres, qui plus est après quatre journées de championnat. Aurait-on eu ce merdier si Larqué avait traité de « pipe » l'entraîneur adjoint du FC Sochaux Montbéliard (par exemple) Alain Bénédet ?
Et sinon sur l'Équipe.fr... 
Sinon pendant ce temps-là, l'Équipe continue son travail de fond dans la quête perpétuelle de la vérité sportive. Ainsi samedi matin, le site web du quotidien du sport et de l'auto demande à ses internautes si « la France peut-elle remporter la Coupe du monde 2010 ? » Un flagrant délit de n'importe quoi journalistique qui consiste à passer outre le fait de la qualification (ou non) et à faire de la lecture dans le marc de café. Une fois encore la question est d'une bêtise incroyable. L'internaute se base sur son ressentie du moment qu'il a sur l'équipe de France et pas sur ce qu'elle sera (et où elle sera dans deux ans) en 2010. La frontière est floue entre l'équipe de France peut-elle, va-t-elle, doit-elle... « Ne pas prendre les gens pour des cons, mais ne pas oublier qu'ils le sont... » entent-on dans un sketch des Inconnus (le bureau marketing). Une question un temps soit peu moins stupide serait : « Faites vous confiance à l'équipe de France pour se qualifier pour la Coupe du monde 2010 et la remporter ? » Et encore, il y a deux questions en une...
09 juillet 2008
Les sondages à la con de l'Équipe vol.2
Populacratie, suite et certainement pas fin. Depuis un mois la rédaction de l’Équipe se donne beaucoup de mal pour ses sondages qui font passer le journal, tour à tour, pour la DRH de la Fédération Française de Football et association à but lucratif des analphabètes du sport.
Mardi 1er juillet : ![]()
La consultation SMS/Internet a de beaux jours devant elle. Même si celui qui pose la question ne sait pas écrire. L’affaire (que dis-je, une montagne !) du transfert de Hatem Ben Arfa à l’Olympique de Marseille a généré, le 1er juillet, une question qui restera dans les anales avec ce très digne : « Le bras de fer entre l’OL et l’OM à propos du transfert d’Hatem Ben Arfa est-il digne un comportement responsable et digne ? » Et en plus, il y a des gens pour répondre ! Mais les 81% d’Internautes votants sanctionneraient-ils pas l’orthographe du stagiaire du quotidien du sport et de l’auto ? ![]()
Cette banderole est resté quelques grosses (et longues) minutes en home du site, mais en fin de matinée, l’erreur était rectifiée par : « Le Bras de fer entre l’OL et l’OM à propos du transfert d’Hatem Ben Arfa est-il un comportement responsable et digne ? » « Responsable et digne » ? Que veut dire le journal par là ? « Responsable et digne » de quoi ? De la ligue 1, du standing de ces deux clubs, de Pape Diouf, de Jean-Michel Aulas, de la France, de l’UEFA, de la compétence du service comptable de l’OL ?
Mercredi 18 juin : ![]()
Le lendemain de l’élimination de la France de l’Euro après sa défaite contre l’Italie (2-0), le quotidien sondait la frustration et la déception des Internautes en demandant : « Raymond Domenech doit-il rester le sélectionneur de l’équipe de France ». Une question vraiment naze qui ferait presque croire que les Internautes dirigent la Direction des Ressources Humaines de la Fédération Française de Football. Une fois de plus, la question ne fait que survoler un débat, qui n’aura de toute façon pas volé bien haut, basé sur les deux matches des Pays-Bas et de l’Italie (sur une cinquantaine dirigés par Raymond) et s’il y a une réelle alternative.
Mercredi 2 juillet :![]()
l’Équipe remet ça en demandant, à la veille de la réunion du conseil fédéral de la FFF, si « selon vous, Raymond Domenech sera-t-il, demain, confirmé à son poste de sélectionneur de l’équipe de France de football ». Histoire de constater l’effet du lobbying en la faveur de Didier Deschamps ?
Vendredi 4 juillet :![]()
Et comme finalement Raymond a été confirmé par 18 voix et 1 abstention, le quotidien demande le 4 juillet si « avoir mis sous tutelle Raymond Domenech rendra-t-il plus attrayant le jeu de l’équipe de France ? » C’est à se demander si les journalistes savent de quoi ils parlent. Le sélectionneur sera encadré dans sa communication et son staff médical sérieusement remanié. En quoi cela pourrait-il influencer sur l’attractivité du jeu de l’équipe de France. C’est de loin, la question la plus conne que j’ai vu depuis au moins un mois.
Et le volume 1 !
19 juin 2008
Les sondages à la con de l’Équipe
62 millions de sélectionneurs obligent, chacun à son mot à dire sur les matches des bleus et même au-delà. Le plus inquiétant, c’est la place que donne le quotidien du sport et de l’auto à la « populocratie ».
Tous les jours l’Équipe nous offre une consultation SMS/Internet à propos de l’actualité sportive plus ou moins chaude. Histoire d’avoir du grain à moudre et orienter sa prose dans le sens du poil d’un lectorat qui ingurgite dans ses quatre estomacs (telle la vache) la culture footballistique de bas étage et la recrache telle quelle sur le zinc du café des sports.
Si le degré zéro d’un tel exercice n’est pas à prouver (après tout Fogiel et France 2 Foot résonnent de la même manière), l’on est en droit de s’interroger sur la pertinence des questions posées chaque matin. Exemples à l’appui sur la dernière semaine.
Dimanche 8 juin : 
Au lendemain du premier match du Portugal à l’Euro 2008 qui a vu les lusitaniens s’imposer 2-0 contre la Turquie, l’Équipe a lancé sa campagne de sondage sur l’Euro en demandant : « Le Portugal est-il le grand favori de l’Euro 2008 ? » Une question éminemment débile puisqu’elle en appelle à la réflexion sur un match alors que, brouillon une bonne partie du temps, la bande à Cristiano Ronaldo ne s’est assuré de ce succès qu’à la 93è minute lorsque Raul Meirelles a marqué le second but de son équipe. Ce sondage en appelle aux émotions de la forte communauté portugaise vivant en France, aux amateurs de cette équipe ou de Cristiano Ronaldo, à ceux qui sont allés au Portugal en vacances, à ceux qui préfèrent qu’après tout ça soit les hommes de Scolari plutôt que les Italiens. Rien qui ne s’argumente sur des qualités de jeu, sur la gestion des hommes, de la pression… À juste titre puisque le faire sur le ressenti d’un match relève davantage de la devinette de fond de comptoir plutôt qu’autre chose.
Au moins, l’on a évité que le quotidien ne pose la question pour chaque nation ayant gagné son premier match par deux buts d’écart dans la compétition. Je m’attendais à ce que l’Équipe demande si l’Espagne ne l’était pas à son tour après sa victoire 4-1 contre la Russie.
Jeudi 12 juin : ![]()
L’heure est déjà grave, la France n’a pas été foutue de remporter la victoire face à la Roumanie qui avait verrouillé le match (0-0). Du coup, les doigts vengeurs et accusateurs des scribouillards de l’Équipe pointent les carences offensives des bleus qui avaient pourtant des consignes portant clairement sur le repli défensif plutôt qu’un pilonnage massif et improductif des cages de Lobont. Florent Malouda en premier. Raymond Domenech est ce qu’il est et lors d’un entraînement, des journalistes perchés dans les arbres avec leurs jumelles aperçoivent Lassana Diarra évoluer au poste d’ailier gauche un petit quart d’heure ce qui provoque la question SMS/Internet du lendemain : « Lassana Diarra doit-il remplacer Florent Malouda dans le système de Raymond Domenech ? » Alors d’accord le joueur de Portsmouth a une côte d’enfer auprès du sélectionneur. Ok, il a joué quelques matches en poste d’arrière droit, mais il manquait alors Willy Sagnol (notamment contre l’Italie à San Siro). Certes, Diarra est un joueur ultra polyvalent. Mais a-t-on entendu quelqu’un demander à Raymond Domenech s’il comptait faire évoluer Diarra à ce poste contre les Pays-Bas ? Peut-on envisager en toute lucidité que Diarra remplace Florent Malouda quand le sélectionneur possède des joueurs bien plus compétents à ce poste comme Ribéry, Govou, Benzema, Henry ou Anelka (qui ont tous joué à ce poste à un moment ou un autre de leur carrière sauf Anelka, mais qui aime beaucoup s’excentrer). L’on doit alors se demander par quel vicelardise, le sélectionneur fait-il jouer Diarra à ce poste ? Pour quel contexte ? Dans quelle disposition tactique ? En demandant simplement si Diarra doit remplacer Malouda dans un système sous-entendu équivalent, l’Équipe table sur les ignorances des choses du football de ses lecteurs (au mieux) ou les prend vraiment pour des cons (au pire).
Samedi 14 juin : ![]()
Après tout cette question est la suite logique de celle du jeudi 12 en tenant compte de la défaite, que dis-je, branlée de l’équipe de France contre les Pays-Bas (4-1) : « Raymond Domenech a-t-il fait de mauvais choix tactiques ? »
Versatile, l’opinion publique qui donnait carte blanche au sélectionneur sur l’autel de la finale de la Coupe du Monde 2006 (il y a deux semaines encore) retournera-t-elle sa veste à cause d’un nul et d’une défaite ? L’opinion publique va-t-elle permettre au quotidien de mettre en branle sa machine à claque et son lobbying pour leur futur sélectionneur à eux qu’ils aiment plus que les autres (Didier Deschamps) ? L’analyse tactique se borgne dans notre beau pays à penser que les absents auraient toujours fait mieux. Et pourquoi pas pire ? Si ça se trouve, dans une configuration tactique plus plaisante à la rédaction de l’Équipe, les bleus en auraient pris deux de plus. Personne ne développe cette idée. C’est pourtant loin d’être aberrant.
01 juin 2008
Nord/Sud : Match retour…
À l’instar de TF1, à la rédaction, l n’est pas à une stigmatisation près. Du coup, on a décidé d’empiler les stéréotypes du football en opposant et divisant la France façon nord/sud. Connerie avouée (et éhontée), connerie à moitié pardonnée ?
Nord :
- Devant tout cet argent pour se coucher contre l’équipe du sud, le joueur du nord aime bien creuser des trous au fond de son jardin.
- Quant on est mégalo, on joue le maintien.
- Pour remonter le moral des supporters déprimés par le jeu, le temps et tous ces enfants consanguins, on diffuse du Pierre Bachelet à la mi-temps des matches…
- Et puis quand on n’a pas de public, on en met un en dessins sur une énorme bâche tendue sur la tribune en travaux.
- On revendique la paternité de Deschamps, Desailly, Makélélé et même Leboeuf !
- Marseille, Marseille, on t’encule !
- Jamais de la vie y a peno !
- Il n’y a pas de joueurs, que des stars surpayées.
- L’Emirates Cup a été passionnante l’été dernier.
- On aime bien faire l’ascenseur.
- On a des stades tout pourris.
- Dans les tribunes, il n’y a pas de supporters, mais des bobos !
- On met tout dans la formation.
- Avant le match, on va boire des bières, après le match aussi.
- Le Mans – Lille c’est un peu un Brésil - Cameroun.
- C’est où Sochaux ?
- Nous, on a inventé le jeu à la nantaise !
- L’important, c’est de prendre les points et les matches les uns après les autres.
- Le PSG est une marque et éventuellement un club de foot.
- Les joueurs sont des pleureuses.
Sud :
- Dans le sud, on n’est pas obligé de se fier à la glorieuse incertitude du sport. Autant financer les vacances de l’arbitre ou des joueurs adversaires.
- Quand on est mégalo dans le sud, on roule en Cadillac rose…
- On vit dans le passé de ces glorieuses années où le club était sur le toit de l’Europe ou pas loin.
- Pour se débarrasser des hooligans dans les tribunes, on leur donne un parka jaune fluo et un chèque à la fin du mois pour être steward dans le stade.
- On revendique la paternité de Zidane.
- Paris, Paris, on t’encule !
- Mais si bien sûr qu’il y a penalty !
- Mon club est le plus grand club français !
- La Coupe Intertoto est un trophée comme un autre.
- La Peace Cup est une compétition majeure.
- On a des stades à tailles humaines.
- Dans les tribunes, il n’y a pas de supporters, mais des fadas !
- On met tout pour faire venir Cissé et Trezeguet.
- Avant le match, on se désaltère, après le match, on fraternise avec les collègues.
- Marseille – Monaco c’est un peu un Algérie - Argentine.
- C’est où Auxerre ?
- Nous a inventé les affaires marseillaises !
- Tant sur le plan taqeutique, que téqeunique, on était bien en place.
- Un club de foot est une entreprise comme une autre et doit donc être côté en bourse.
- Les joueurs n’ont pas inventé le fil à couper le beurre.
22 avril 2008
Jean-Marc Furlan est un raciste.
Samedi soir, lors de Strasbourg-Lyon (1-2), l’entraîneur alsacien Jean-Marc Furlan aurait traité Fabio Grosso de « macaroni de merde ». Une affaire de racisme quand ce n’est pas le PSG, ça n’intéresse personne.
Stade de la Meinau, samedi dernier. Match de la peur. Le Racing reçoit l’Olympique Lyonnais pour ne pas se laisser décrocher dans la course au maintien en ligue 1. Si les locaux ont la bonne idée d’ouvrir la marque par l’intermédiaire du Colombien Wason Renteria à la 21è, Eric Mouloungui imprime sa semelle sur la cheville du défenseur lyonnais Italien Fabio Grosso peu avant la mi-temps. Carton rouge tout à fait justifiable. Pas pour Jean-Marc Furlan qui crie au scandale. Il aurait traité à ce moment-là l’Italien de « Macaroni de merde ». Sur le bord de touche, personne n’a bronché. Ce qui laisse l’info au conditionnel. Ce qui est nettement plus avéré, et y compris dans l’Équipe de dimanche, c’est que ce technicien, cet éducateur de 50 ans (passé auparavant par Libourne Saint-Seurin et Troyes) en a remis une couche en conférence d’après match en disant : « on ne peut pas dire que l’Italien a renié ses gènes ou sa race ». Les propos sont retranscrits dans le quotidien du sport et de l’auto de dimanche et personne n’a bronché sur l’événement. Aucun média, tout juste Pierre Menès dans 100% foot sur M6 en deux minutes. À mon avis, ces propos sont au moins aussi scandaleux que la fameuse histoire de la banderole du stade de France. Car si Furlan revient sur l’expulsion de Mouloungui après le match. Donc une demi-heure après le coup de sifflet final, il est exclu que l’on soit toujours à chaud. Ce n’est pas une boulette mais bien du racisme. Furlan fait étalage de toutes ses connaissances en matière de « racialisme ».
La LICRA a failli se faire attendre…
Mais voilà, le RC Strasbourg ne fait rêver personne, n’est pas un club glamour, connu, célèbre, qui attire 150 journalistes à la moindre de ses communications. Bref, le RCS n’est pas un club qu’on aime détester.
Du coup, on a cette impression bizarre que sous-entendre qu’il y a une race italienne portée sur la tricherie est moins grave qu’une dizaine de gars qui déballent une banderole « Pédophiles, chômeurs, consanguins : Bienvenue chez les Ch’tis ! » au Stade de France un soir de finale en la divine présence de Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy et de la moitié du gouvernement. Dingue ça ! Par exemple, chose assez remarquable, je n’ai reçu le mail (et donc l’ensemble des rédactions aussi) de la part de la LICRA que ce lundi à 17 heures. Là, aussi c’est pas drôle quand on ne parle pas du PSG ? Jamais à l’abri d’un coup de pub, l’association s’étonne « du peu d’émotion suscitée par les propos de Jean-Marc Furlan, symptomatique de la banalisation de ce type de discours ». On est deux.
19h24, l’Équipe.fr en parlait enfin, comme quoi ils ont bien reçu le mail de la LICRA. L’ensemble des rédactions ont alors fait le « boulot » et reprennent le communiqué de la ligue (RMC, l’Équipe TV, Infosport...). Chez Saccomano (on refait le match) on préfère revenir sur les propos du Président du Racing Philippe Ginestet sur l’arbitrage et à la rigueur sur les propos de Furlan insistant en guise de conclusion que Furlan est un nom du nord-est de l’Italie. Dans le journal qui suit sur LCI ? rien à foutre, eux qui ne s’étaient pas privés de faire leur chou gras de l’affaire de la banderole.
Et moi dans tout ça ? Et bien le brouillon de cet article était rédigé le dimanche après-midi et publié qu’aujourd’hui mardi en fonction de la programmation des autres articles. Vous noterez que j’ai reculé la publication du XV d’Europe part.8 pour ça.
Fallait-il dissoudre Jean-Marc Furlan ?
21 avril 2008
RMC, le mercato et le PSG
Il y a des moments où n’importe quel rédacteur en chef redevient un homme. Quand rien ne fait vendre, rien ne vaut une petite newsletter « bruit de mercato » en orientant tout particulièrement sur le PSG…
Je ne sais pas comment ils ont fait leur coup, mais la newsletter RMC SPORT je la reçois mais dans mon dossier « spam ». Une fois n’est pas coutume, je regarde ce qu’il y a dans ce fameux dossier avant de tout mettre à la poubelle. Tiens quel n’est pas mon étonnement de voir le nom de ce courriel (toujours rêvé d’écrire ce mot) qui se nomme en date du vendredi 18 avril : L’avenir de Perrin / Rumeurs de mercato / Noves, priorité à l’Europe. Ok, on va cliquer et lire un peu ce qu’ils racontent dans l’optique de trouver, enfin, une alternative crédible au très sérieux Foot Mercato.
Et bah, là les amis, je suis resté pantois. Une titraille qui se fait rêver : « Le mercato se met en place » et le chapô encore plus : « Les différents championnats européens ne sont pas encore terminés mais le marché des transferts est déjà en train de s’activer. Tour d’horizon des premières rumeurs. » D’abord, on apprend que Pedro Pauleta laisse planer le doute sur sa retraite ou pas. Qu’il quitte Paris, c’est sûr, mais selon la newsletter, le buteur des Açores ne serait pas opposé à tenter une dernière année en France avec un retour à Bordeaux, histoire de jouer la ligue des champions. Pauleta qui a laissé un souvenir si ému auprès des supporters Bordelais qui ne sont jamais empêchés d’écrire toute leur frustration sur banderoles au Parc des Princes… ça veut rien dire, mais l’info non plus !
Tant qu’on y est, autant s’acharner sur le PSG. Alors là, mesdames et messieurs, tenez vous près. Sont annoncés à Paris au mois de juillet : Miralem Pjanic (Metz), Jean Calvé (Le Mans) et Daisuke Matsui (Le Mans). Le Japonais serait la priorité du club de la capitale « pour s’implanter dans le marché asiatique. » L’info indique implicitement que Jérôme Rothen part. Mais le plus intriguant dans toute cette affaire reste néanmoins l’avenir sportif du PSG. Le club ne sait toujours pas dans quelle division il évoluera la saison prochaine, RMC (selon mes infos) non plus. Mais qu’importe, faire du sensationnel avec des prévisions à peu près aussi certaines que celles de Paco Rabane. J’enfonce une porte ouverte en disant que jouer en ligue 1 ou en ligue 2 confère à une stratégie financière et de recrutement totalement différente. L’idée aurait été d’au moins préciser dans quelle optique Pjanic, Calvé et Matsui arriveraient. Parce que là, j’ai un doute.
D’où viennent les rumeurs de transferts ? Deux grandes écoles s’opposent. La première consiste à écrire des conneries et voir les réactions des uns et des autres. Prêcher le faux pour savoir le vrai. La seconde consiste au copinage avec les agents de joueurs, qui ne sont absolument pas en conflit d’intérêt, qui lâchent des infos bien orientées pour faire monter les enchères et surtout indiquer que le joueur est libre (contractuellement ou dans sa tête). Et le journalisme dans tout ça ?
Le lieu du crime.
26 mars 2008
Les hommages qui ne rendent pas hommage.
Thierry Gilardi est mort à 49 ans d’une crise cardiaque mardi après-midi. Il laisse une femme et trois enfants et surtout grand vide intellectuel pour bien des gens sur les plateaux de télévision.
Le grand public a appris la nouvelle mardi soir en regardant le match de l’équipe de France A’ face au Mali sur Eurosport, pour une fois de bonne facture (3-2). L’annonce du décès en direct a été suivie d’un long silence. Seul le match se poursuivait. Quand tout à coup la bonne bouille du Directeur Technique National Gérard Houiller (le grand sentimental du PAF) apparaît, larme à l’œil, pour le premier de la longue série de commentaires obligés et d’hommages : « C’est une tragédie car c’était non seulement un ami du sport mais aussi un ami personnel. On s’était revu récemment pour l’anniversaire d’un ami commun. Ça semble trop injuste. Nous en sommes au stade de ne pas y croire. On se souviendra surtout de son sourire, de sa joie de vivre, de sa passion, son enthousiasme mais aussi sa rigueur professionnelle. Je pense surtout à sa femme et ses enfants à qui j’exprime tout mon soutien ». Tout le monde du sport et au-delà s’est pressé devant les micros pour assurer une tristesse épouvantable à base « d’on n’a pas le droit de mourir à 49 ans », « c’était un grand professionnel » et de « je pense à sa femme et ses trois enfants ». Michel Platini (Président de l’UEFA), Bernard Laporte (secrétaire d’État aux Sports), Michel Denisot (couteau suisse de Canal +), Charles Villeneuve (patron des sports de TF1), Jean-Pierre Escalettes (Président de la FFF). Samuel Étienne et sa clique de l’édition spéciale lui ont même consacré une bonne partie de son édition avec concours de larme à l’œil entre Laporte et Villeneuve.
Théorie du mort kilomètre : Un voisin mort émeut plus que 100 cadavres au Tchad.
On se sent mal à l’aise de voir sa télévision nous faire culpabiliser de ne pas être si mal à l’aise que ça devant un drame de la vie ordinaire. Ça énerve de voir la télé en faire un drame national au point de voir un commentateur de match de football et de rugby à peine moins indispensable qu’un Philippe Noiret ou un Lazare Ponticelli. Il règne une atmosphère de prise d’otage. Jean-Michel Larqué assure ne pas être sûr d’assurer le commentaire de France-Angleterre ce soir et le Président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, instaure une minute de silence avant le coup d’envoi. On rend surtout compte de la connivence entre un journaliste, un secrétaire d’État, le Président de la FFF, de l’UEFA, le DTN… Tous au service du football certes, mais dans une certaine opposition professionnelle de principe tout de même ! Et quand tous les acteurs d’une conférence de presse donnent l’impression d’être des amis de 30 ans ce n’est pas le Journalisme qui en sort grandi.
Question bonus ? Qui accompagnera Jean-Michel Larqué pour commenter les matches à l’Euro ? Christian Jeanpierre tient la corde du fait de la hiérarchie de la Tour de Boulogne, mais mon petit doigt me dit que ce n’est pas sur à ce point. Après tout, un garçon comme Denis Balbir ne va plus avoir grand chose à faire à France Télévisions à partir de mai…
16 janvier 2008
On parlait de quoi dans le But ! du 15 avril 1994 ?
Rareté, limite découverte archéologique, un ami m’a prêté le journal But ! du 15 avril 1994. L’occasion de voir l’évolution du football français et de son traitement depuis 14 ans.
Tout d’abord la couverture ! Papier glacé (z’avaient de l’argent à l’époque ?) : But ! La passion du foot… La confession de Loulou… (Nicollin). Le Président de Montpellier a toujours été une grande gueule. Mais à l’époque il n’y avait pas que lui ! En bas de la couverture, les fameuses pages Transferts : « Ces espoirs qui les font rêver » avec une photo de Reynald Pedros… « Les malheurs de Dos Santos » en Division 2 et Szarmach qui « vise la sélection » en National 1. Trop d’émotion en perspectives, je brûle d’impatience, je suis sûr que vous aussi !
Rien de palpitant dans la première partie de l’interview de Louis Nicollin, si ce n’est une certaine auto suffisance à quelques jours de disputer la finale de la Coupe de France (au Parc des Princes) qui sera perdue 3-0 contre Auxerre… L’info de l’interview c’est que Loulou est candidat à la place Noël Le Graët à la Fédération Française de Football. Heureux comme un larron en foire que 4 de ses joueurs disputent la phase finale du championnat d’Europe Espoirs à Montpellier.
Page 5, le sommaire et l’édito de Laurent Louet. Le titre : Si le PSG boxe… Au menu l’heure de tirer le bilan des clubs français encore engagés en Coupes d’Europe. Si le PSG est éliminés par Arsenal en demi-finale de la Coupe des Coupes (au mois d’avril ? ). 0-0 au Parc, 1-0 à Highbury et Paris aurait pu, dû, passer… Quant à Monaco, l’ASM disputera bien les demies finales de la Coupe des Clubs Champions. Malgré tout on lit ça : « Parisiens et monégasques sont tombés dans des travers qui nous ont rappelé de bien tristes années.» On s’en contenterait très bien aujourd’hui ! « On se dit toutefois qu’il sera bien difficile pour la France de revivre cette saison une finale de Coupe d’Europe. » Quelle clairvoyance !
Page 6, une Photo de Robert Nouzaret avec des cheveux pas tous blancs sur un banc de touche Français. Plus bas, une photo d’Ivan Pouliquen (actuel entraîneur de Metz) joueur de Strasbourg. Page 7, Jean-Pierre Papin vient de signer au Bayern pour une somme d’environ 18 millions de francs.
Des brèves : Robert Herbin quitte le Red Star. La mise en examen de Michel Hidalgo dans l’enquête sur les comptes financiers de l’OM et l’amende de 410 000 francs infligé à l’OM pour « la non-présentation à la LNF de documents faisant parties de contrats » de six joueurs (Amoros, Casoni, Eydelie, Olmeta, Oman-Biyik, Voeller).
Pedros : la future Star du foot français
Pages suivantes, les 8 et 9 : Gros plan sur l’équipe de France Espoirs qui dispute la phase finale du championnat d’Europe des Nations. Une photo de Zinédine Zidane avec des cheveux, une autre de Pedros véritablement considéré comme la future star du football français (puisqu’il n’a pas encore raté son penalty face à la République Tchèque en demi finale de l’Euro 1996). Raymond Domenech est déjà le sélectionneur, « On prépare sereinement le rendez-vous face à l’Italie »… Déjà ! interview de Pedros : « On n’est pas des stars » dit-il. Il joue avec le numéro 10. Une manche horizontale, page 9, avec la liste des joueurs retenus. Les années font de cette liste un élément particulièrement surprenant. Si les Thuram, Zidane, Makélélé, Micoud, Dugarry y figurent, on y retrouve des joueurs qui n’ont pas eu la carrière escomptée ou tout simplement qui semble, en 2008, irrationnel ! Fred Déhu, Jérôme Bonnissel, Francis Llacer, Stéphane Cassard, Richard Dutruel, Alain Goma, Bruno Carotti. On se demande même ce que certains sont devenus comme Cyril Serredszum ou Fabien Lefebre. Le dossier fait également la part belle au travail des agents de joueurs, nommés imprésarios à l’époque ! On note d’ailleurs qu’ils se les arrachent ! Et si Dominique Rocheteau n’est pas encore dégoûté du milieu du football et des transferts aux commissions généreuses à venir avec ses jeunes joueurs, on note que ni Zidane, Dugarry ou Thuram n’ont un agent. Forcément, on se les arrache !
Page 10 et 11, retour sur Monaco-Barcelone (0-1), Klinsmann en photo levant les bras de dépit. Dans son papier, Michel Quanparti raconte qu’à l’image des Parisiens à Highbury, les Monégasques se sont surtout battus eux-mêmes ne réussissant pas à transformer en buts leurs incroyables occasions. Petit papier sur les retrouvailles entre Marcel Desailly et ses compatriotes monégasques à l’occasion de la demi-finale contre le Milan AC, futur vainqueur.
Page 12 et 13, retour sur Arsenal-PSG (1-0). « Malgré l’excellente saison de son équipe, Artur Jorge est frappé de plein fouet par l’élimination en Coupe des Coupes. Les joueurs eux-mêmes, se posent des questions ». Ginola se dit « frustré ». Cela aurait pu être un heureux hasard, le dimanche suivant Parisiens et Monégasques se retrouvent au Parc. Qu’importe, avec 5 points d’avance à 5 journées de la fin, Paris est presque déjà champion de France.
Nicollin : "Aulas a des idées terribles"
Pages suivantes, des « fax », des brèves plus ou moins inutiles, sauf la photo du Président Jean-Michel Aulas, chemise blanche, cheveux et lunettes noirs déclarer ceci : « Je ne le prendrai (l’attaquant Muller) que si je sais que nous ne mettrons pas en péril notre situation financière.» Dingue comme les temps changent ! Une pub pour le jubilé de Dominique Bathenay au stade Jean Bouin de Choisy-le-Roi avec comme affiche : AS Saint-Étienne 1976 face au Variété club de France.
Suivent les pages Division 2 et le pari fou d’Arnaud Dos Santos d’avoir cru empêcher Istres de descendre en National il y a huit mois. Un papier sur la probable montée du SC Bastia page 17. Pages 18 et 19, voici le National (divisé en deux parties à l’époque) et un gros plan sur Richard Honorine qui, à 38 ans, joue toujours pour le Stade Brestois qui coule à pic après des 80’s heureuses. Les Pronostics du loto foot par François Lemasson et Gilbert Bataille en page 20.
En page 21 on parle de la Coupe Kirin qui sera l’occasion pour l’équipe de France de fouler pour la première fois le sol du Japon. On apprend aussi que Diego Maradona effectue un stage de remise en forme au pays du Soleil levant dans l’optique de la Coupe du monde américaine et que le capitaine du VFB Stuttgart, Guido Buchwald, champion du monde 1990 s’en va jouer pour les Reds Diamonds d’Urawa. C’est le début de cette décennie où le Japon sera très attractif.
Les deux dernières pages sont consacrées à la seconde partie de l’interview de Louis Nicollin avec une très belle sortie : « Tapie, personnellement, cela m’emmerderait qu’il parte. Tu vas au Vélodrome, tu repars avec un super chèque. L’OM vient à la Mosson, le stade est plein. » Officiellement il ne parle que de l’intéressement du club visiteur sur les recettes au guichet ! Et puis il y a cette autre phrase qui mériterait qu’on s’y penche un peu plus aujourd’hui à propos de Jean-Michel Aulas : « … je ne dis pas que je l’aime mais je le trouve très bien. Parce que c’est un type intelligent. Il a des idées terribles et il a amené quelque chose au football ». À croire que Lyon était un model, il y a déjà 14 ans !
22 décembre 2007
Quand Manaudou fait péter mes stats… et vos caleçons.
Depuis 24 heures, le simple fait d’avoir titré un article « Laure Manaudou à poil » a fait exploser mes statistiques. Au bout de 20 heures, plus de 4 000 visiteurs sont venus sur mon blog. C’est gentil, mais on voit à quel point un buzz fait ou défait une carrière, une vie.
Car il existe deux types de gars. Ceux qui ont les photos de Laure Manaudou à poil et ceux qui cherchent à les voir. Et pas les plus soft évidemment. La championne (parce que c’est ce qu’elle est avant tout) a explosé le nouveau couple présidentiel Carla Bruni et Nicolas Sarkozy mais également Valérie Bègue au hit-parade de demande de recherche sur Google. Faut croire qu’une nageuse nue vend plus que Miss France.
Un magazine people français s’est même mis à publier les photos. Le buzz est énorme et les avocats de Laure Manaudou n’arrivent pas à faire respecter la vie privée de leur cliente. La championne gagnera certainement des millions d’euros (français et italien) avec cette histoire mais bien sûr le mal est fait. Et le dossier est trop gros, même si la plupart des sites d’échanges de photos ont retirés celles de la championne d’à peine 19 ans.
Parce que voilà, le sport a bon dos une nouvelle fois pour un scandale. On ne parle pas de dopage ou de corruption, mais d’une nageuse en train de tailler une pipe à son (ex) mec. La mort du footballeur sévillan Puerta, le dopage supposé de Rasmussen ou encore la mort d’un policier et d’un tifosi en Italie en marge de match de football n’ont pas fait le quart du huitième du buzz que connaît notre championne. À qui profite le crime ?
Une chose est certaine, cette histoire ne prendrait pas de telles mesures si Internet ne participait pas activement à la diffusion de la nouvelle et des photos. 10 ans plus tôt, on en aurait à peine entendu parler… Et encore que dans certains cercles. Le grand public n’en aurait rien su. Bref, il ne faudra pas s’étonner si la nageuse part s’entraîner ailleurs qu’à Ambérieu en Bugey dans l’Ain.

