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25 septembre 2008

Pascal Feindouno file au Qatar.

pacal_feindounoLe désormais ancien stéphanois s'est engagé au dernier jour au mercato estival Qatari avec le club d'Al-Saad en compagnie du défenseur Brésilien Nivaldo (ce que l'AS Saint-Étienne dément formellement). Autant Moussilou, Fiorèse et Leboeuf ça va, mais si les talents s'y dirigent aussi...

Après Amara Diané (Al-Rayyan), c'est Pascal Feindouno qui rejoint le Moyen Orient et ses clubs au budget sans condition (et sans contrôle) pour 2,5 millions d'euros par an. Pays de sable, de pétrole, d'argent et, paraît-il, de football. D'autant qu'après les stars en pré-retraites (Gabriel Batistuta, Sonny Anderson, Stefen Effenberg...) puis les joueurs de seconde voire troisième zone (Dennis Oliech, Fabrice Fiorèse, Matt Moussilou...) ce sont des talents techniques et physiques du football qui se dirigent vers ces pays qui dressent des ponts d'or pour s'offrir une certaine visibilité, pas vraiment glorieuse pour autant.
Car sportivement, le championnat Qatari ne vaut pas mieux que notre bon vieux National. Ce n'est pas l'ambition sportive qui pousse les joueurs à se diriger là-bas. Mais plutôt des pétrodollars trop facilement gagnés et puis quand Matt Moussilou nous sort ça la saison passée : « Le Qatar, c’est vraiment magnifique. Il y a tout, on ne manque de rien. Le litre d’essence coûte dix centimes contre un euro cinquante en France ». On a tout compris !

Un talent fou, un comportement imprévisible.

pascal_feindouno_bordeauxLa première fois qu'on a entendu parler de Pascal Feindouno, c'était au soir de la 38è journée du championnat de première division (alors) 1999. Les Girondins de Bordeaux arrachait la victoire 3-2 au Parc des Princes contre le PSG pour s'adjuger leur cinquième et dernier titre de champion de France à ce jour. Le fameux complot anti-marseillais pensent certains. L'auteur de ce troisième but c'était Pascal Feindouno. Il avait alors 18 ans et trois bouts de matches dans les jambes. En Gironde, ce premier but de sa carrière l'a fait marcher sur l'eau durant quelques années et c'est certainement ce qui l'a perdu alors. Car la marche en avant du Guinéen a connu plusieurs stop. Bien conscient que sa pépite a la tête ailleurs après deux saisons (de 1999 à 2001) anodines (24 bouts de matches et 1 but en championnat), Élie Baup décide le prêter à Lorient qui monte pour la saison 2001-2002. Va trouver une boîte de nuit ouverte un jeudi soir à Lorient ! L'électrochoc est de taille : 30 matches, 6 buts. À son retour en Gironde, Feindouno s'impose dans le schéma de Baup (pas forcément toujours dans le onze de départ, mais toujours sur la feuille de match). Il dispute 66 des 76 matches de Ligue 1 sur les deux saisons suivantes et inscrit 8 buts. On y ajoute 6 buts en 15 matches de Coupe UEFA. En 2004, il rejoint Élie Baup à Saint-Étienne (parce qu'avec Michel Pavon, c'est bien, mais pas top). Il prend davantage encore de poids dans le jeu de son équipe. Un coup à droite, un coup à gauche, les supporters le préfèrent en attaquant de soutien derrière Bafé Gomis. Ce fut le cas lors de la seconde partie de saison dernière. Il n'est pas pour rien dan le retour des Vert en Coupe d'Europe.

Trop froid dans le Forez ?

al_saad_webLors de l'été 2007 les dirigeants d'Al-Saad contact un première fois le joueur Guinéen. Lui propose ce que Sébastien Puygrenier (avant d'embarquer pour St-Petersbourg) appellera plus tard une offre que l'on ne refuse pas. Les dirigeants Stéphanois veulent le garder, prolonge son contrat (jusqu'en 2011) avec une belle augmentation à la clé. Mais voilà, Al-Saad revient à la charge et cette fois le natif de Conakry accepte, peut-être refroidi par le début de saison de son club (16è).
Le joueur s'envole pour le Qatar, là où sans forcer il fera un festival. Faire un coup, prendre des millions, revenir par la petite porte anglaise dans un an ? L'AS Saint-Étienne n'a, pour sa part, toujours pas confirmé la transaction (qui englobe Nivaldo "qui a un bon niveau pour la Ligue 2 qatari dixit les dirigeants stéphanois") pour un montant de 8 millions d'euros et communique à fond là-dessus d'ailleurs. Mais si le talents des Ligue 1 doivent à présent partir pour des pays qui ne nous sont même pas supérieurs en termes de football, peut-être que la réflexion sur les atouts de la France devra être réellement entamé. Quelle est la mentalité des joueurs de football lorsque l'on voit un Rivaldo s'engager avec le club Ouzbek de Bunyodkor ?



14 septembre 2008

Steve Savidan : « le footballeur est un marchandise »

savidan2Loin d'être sexy, le nouvel attaquant du Stade Malherbe de Caen est un véritable rayon de soleil sur les pelouses de Ligue 1. Arrivé sur le tard et via le National, (et le SCO d'Angers) l'Angevin est peut-être passé à côté d'encore mieux au niveau carrière. Voici sa fiche cuisine.

La légende urbaine confère à Steve Savidan d'être un ch'ti. Coincé entre la mode Dany Boon et son inexistence footballistique avant la montée de Valenciennes en Ligue 1, il n'en aurait été autrement. En fait le tchot'bilout est originaire des Pays de la Loire, ah ! C'est du côté d'Angers qu'il est né le 29 juin 1978 (et oui déjà 30 ans). Encore une histoire de joueur issu d'un milieu modeste (quartier de la Roseraie) avec un père facteur et une mère femme de ménage. Bac pro et BEP de maintenance mécanique en poche, Steve préfère jouer crânement sa carte au SCO d'Angers. Mais voilà en 1998, alors qu'il signe son premier contrat semi-pro, le club en est National et en grandes difficultés. Salaire de misère, Savidan cumule les emplois car le football ne suffit pas. Éboueur ou barman : « Un jour, je suis allé à la DRH d'une collectivité locale et j'ai pris ce qu'on m'a donné...Mais j'ai toujours su que je percerai quelque part ». Alors ce « quelque part », Steve regarde si ce n'est pas Châteauroux, Ajaccio ou Beauvais. Loin des plans des différents entraîneurs angevins.

Et il débarque dans le Nord...

savidanÀ Angoulême Savidan inscrit tout de même 12 buts en 37 matches lors de la saison 2003-2004. Il commence à se faire un petit nom dans le petit championnat National. À Valenciennes on renoue quelque peu avec les ambitions après tant d'années à se morfondre de l'affaire OM-VA. En 2003 Didier Ollé-Nicolle a fait remonter le club en National. Daniel Leclercq prend le relais et remarque ce avant-centre rapide et technique, pas bidon de la tête. Une histoire d'amour de quatre ans commence. Car si Antoine Kambouaré remplace le druide après le titre en National 2005, Savidan et devenu Savigoal, meilleur buteur du championnat avec 19 buts. La saison suivante, VA continue sur sa lancée et Savidan aussi, 16 buts et un nouveau titre, c'est l'ascension en Ligue 1. Le grand retour pour le club, une grande première pour la plupart des joueurs.
Ça se voit sur le terrain, Savidan se sent comme un poisson dans l'eau dans le Nord. Il a même ouvert un restaurant dans la ville, le K9 en référence à sa femme Karine et son numéro dans le dos et pour se montrer redevable envers une population qui l'a adopté : « Il est important que je rende aux Valenciennois ce qu'ils m'ont donné. Ma plus grande fierté aujourd'hui, c'est de n'employer que des valenciennois, sept personnes à plein-temps. Il y a vraiment quelque chose d'important ici dans cette région sinistrée économiquement, c'est le travail. Tout le monde a du respect pour le travail... La personne a une place importante dans le Nord ».
Pour sa première saison en Ligue 1 (2006-2007), Savidan manque de peu un triplé jamais vu auparavant : Celui de meilleur buteur sur trois saisons consécutive en National, Ligue 2 et Ligue 1. Il termine deuxième derrière Pauleta avec 13 buts, 15 pour le Portugais. Le maintient de Valenciennes s'obtient à domicile plus ou moins tranquillement et Savidan s'offre un moment de gloire en inscrivant quatre buts à Nantes, à La Beaujoire et à Fabien Barthez. Oui Nantes va descendre, mais quand même ! La saison passée, Savigoal inscrit à nouveau 13 buts en championnat. Quatre ans d'amour et de buts à Valenciennes (51 en championnat en tout).

La fin d'un cycle, à contre coeur.

savidan_caennaisSavidan ne se blesse pas souvent, il dispute quasiment tous les matches de la saison (mais il prend quelques jaunes quand même, ça ne sera que quasiment !). Il aurait aimé, à la fin de la saison dernière, qu'on l'intègre dans un projet à long terme dans le Nord. Les spéculations sur son contrat l'ont énervé et finalement d'intransférable, il obtient un bon de sortie l'été dernier, sous condition d'un bon prix. Un bon prix pour un joueur confirmé (30 ans) de Valenciennes c'est quoi ? 5 millions d'euros répond Caen qui lui propose un nouveau défi et de se rapprocher de ses parents restés à la Roseraie. « Le football est le sport le plus individuel des sports collectifs. A un moment donné, moi, mon seul objectif, c'est de me faire plaisir, avec ma famille et mon équipe ». Pour son premier match à d'Ornano sous ses nouvelles couleurs, Savidan fait exploser la défense de... Valenciennes... en une demi heure. D'un astucieux écran, il permet à Florentin d'ouvrir le score dès la 3è minute, se charge personnellement de marquer le deuxième but à la 21è et donne une passe décisive pour Eluchans à la 29è.

Un joueur qui a des opinions.


savidan_K9La plupart des citations de cet article viennent d'une interview qu'il avait tenu au journal l'Humanité qui n'est pas un référence en matière de football, mais qui se porte pas trop mal (le goûts et les couleurs ça ne se discute pas) sur la politique et qui aime faire parler les footballeurs de politique. À l'époque de la campagne présidentielle, le joueur se plaçait plutôt en faveur de François Bayrou notant que sans être ni de gauche ni de droite mais plutôt dans un courant « social », il faut bien « un ailier gauche et un ailier droit pour faire marquer des buts à l'attaquant ». L'idée a le mérite d'être pertinente. L'attaquant se positionne également pour la revalorisation des bas salaires et pour le SMIC à 1 500 euros par mois : « J'ai connu ça et peut-être qu'un jour, on ne sait pas, je gagnerai à nouveau modestement ma vie ». Conscient malgré tout de vivre « dans un cocon ».  Savidan connait l'incertitude des prêts, l'intéressé a d'ailleurs une opinion bien tranché sur la chose : « C'est de l'esclavage moderne. On n'appartient à personne, on est traité comme une marchandise. On nous transfère pour tel montant, on vaut tel prix... ».

Passer à côté de quoi ?

savigoalEn découvrant la Ligue 1 à 28 ans, Steve Savidan n'aura que 4 ou 5 saisons au plus haut niveau avec tous ses moyens physiques. C'est peu, c'est dommage. Sa spontanéité dans le jeu et sa technique en font un élément surprenant à voir évoluer sur une pelouse. Quel tour nous réserve-t-il encore se demande-t-on ? Loin des joueurs de football bodybuildé vers qui on se dirige d'année en année, un joueur comme Steve Savidan aurait certainement pu avoir une chance en bleu si l'idée d'appeler un joueur de Valenciennes ne faisait pousser de l'urticaire à la profession. 
Au niveau de notre championnat, l'idée qu'un joueur arrivé sur le tard et découvrant la Ligue 1 à 28 ans et s'y imposant comme un réel atout dans le jeu dénote tout de même une certaine crise de talent technique. Paradoxalement, la réussite de Savidan montre à quel point ce championnat est faible techniquement. On regretta de ne pas le voir évoluer en ligue des Champions (ce qui n'arrive certainement jamais) et à l'heure où les bleus manquent de dynamiteurs le test auraient au moins réveillé les autres.

17 août 2008

Samir Nasri : buteur en moins de 4 minutes.

samir_nasri_791530cOn avait quitté Samir Nasri à l'euro lorsqu'il remplaçait Franck Ribéry avec d'être remplacé à son tour après l'exclusion d'Abidal. Hier pour la reprise du championnat Anglais, il a ouvert le score au bout de 4 minutes avec son nouveau club d'Arsenal. 

Raymond Domenech est un entraîneur cruel, mais comment faire autrement en de telles circonstances ? Après 10 minutes de match contre l'Italie, Franck Ribéry se blesse dans ce match où les bleus sont obligés de gagner. Le minot entre en jeu, mais pour un tout petit quart d'heure. La faute à l'expulsion d'Éric Abidal.
21 ans et déjà 160 matches avec Marseille toutes compétitions confondues (12 buts). Oui Samir Nasri était déjà un vieux briscard de la Ligue 1, il n'y en a pas tant que ça évoluant dans notre championnat avec tant d'expérience de la compétition domestique. Natif de Septèmes-les-Vallons dans la banlieue de Marseille, Samir Nasri a très tôt eu sur les épaules une pression commune à tous les jeunes beurres (Camel Meriem, Mourad Meghni, voire Benzema pour les crétins qui ne font pas la différence de poste) doué techniquement, milieu offensif avec l'accent du sud : Être le successeur de Zinédine Zidane. Zizou a échappé à Marseille, pas question que Nasri échappe à l'OM. Incorporé au centre de formation dès l'âge de 12 ans, (sous le regard bienveillant de Roger Giovannini) il grimpe les échelons parallèlement avec les équipes de France des moins de 16 ans, puis des moins de 17 ans où il croise Karim Benzema et Hatem Ben Arfa. En 2004 il intègre le groupe professionnel avec le contrat qui va avec. Le minot observe Franck Ribéry, Didier Drogba, Salomon Olembé... du coup, on lui donne sa chance le 12 septembre 2004 à Sochaux (défaite 2-0). Il ne sortira plus jamais de la feuille de match sauf blessure et suspension bien sûr.

Prendre le jeu à son compte.


nasri_dans_le_flou_actusSamir est baladé sur tous les postes offensifs de l'équipe.  Albert Émon le testera même au poste de milieu défensif. Éric Gerets le préfère dans un rôle axial, mais on le retrouve à gauche quand Mathieu Valbuena marche sur l'eau. Durant la saison 2005-2006, Jean Fernandez l'a même mis au poste d'attaquant. Entre temps, le petit Samir travail sa frappe de balle et allume quelques remarquables pétards du pied gauche ici contre Strasbourg la saison dernière, ou du pied droit là contre Berne en coupe à la tête à toto. Lors de la saison 2006-2007, il dispute 37 matches sur 38 et c'est assez logiquement que Raymond Domenech décide de le convoquer en bleu après la retraite de Zidane. Il obtient donc sa première cape contre l'Autriche en mars 2007 dans un match dont on a rien retenu. Il est titulaire contre l'Ukraine trois mois plus tard, mais c'est à l'Abbé Deschamps, face à la Géorgie et pour sa troisième sélection, qu'il inscrit son premier but en bleu, non pas dans un festival offensif type France-Azerbaïdjan (10-0), mais pour 1-0 score final.

Comme pour Drogba et Ribéry, le Vélodrome devient trop petit.


samir_nasri_milieu_terrain_olympique_marseille12080842761m78 pour 75 kg, Samir Nasri a un gabarit très intéressant pour le milieu de terrain d'une équipe Anglaise, bien que catalogué « peu mieux faire » au niveau du jeu de tête. Jamais dernier pour piquer un joueur à la Ligue 1, Arsène Wenger s'intéresse au joueur. Pape Diouf, le Président de l'OM, a disposé à laisser partir son poulain mais pour un bon prix. Nasri n'a plus qu'un an de contrat cette fin de saison 2007-2008 et veut gagner des titres (il ne compte que deux coupes Intertoto 2005 et 2006). La prolongation est signée sans faire péter les plombs à Arsène Wenger qui alignera finalement près de 17 millions d'euros. Seuls les supporters marseillais se sentent bernés avec une communication mensongère sur l'amour du maillot. En signant à Arsenal, Nasri a quelques certitudes quant à son temps de jeu à venir. En effet Alexander Hleb et Mathieu Flamini sont partis à Barcelone et au Milan AC. Denilson était titulaire dans l'axe aux côtés de Cesc Fabregas hier après-midi pour la reprise du championnat contre West Bromwich Albion (W.B.A). D'ordinaire à droite l'an passé, Rosicky a joué à gauche et l'ancien Marseillais a évolué plutôt à droite pour profitant de son pied gauche pour repiquer dans l'axe. Samir Nasri a d'ailleurs profité de ce match pour s'imposer dans le coeur des supporters des gunners en inscrivant son premier but à l'Emirates Stadium au bout de 3 minutes 44 secondes. Et cela sera le but de la victoire de gunners poussifs.
Désormais dans un top team d'Europe, on attend de Samir Nasri une confirmation à l'échelle européenne et pourquoi pas, de s'imposer comme une solution réellement crédible en équipe de France.


09 août 2008

Pas très catholique l'ami Chrétien...

433182_mediumsquareEn prolongeant à Nancy contre toute attente, le latéral droit marocain Michael Chrétien a surpris son monde à commencer par Pablo Correa qui se retrouve avec trois joueurs pour un poste. Mais Jean Calvé le prend bien... Pas de soucis...

Marocain, mais né à Nancy le 10 juillet 1984, Michael est un jeune garçon peut-être un peu turbulent et se retrouve dès l'âge de 5 ans dans le club de Vandoeuvre. L'ancien International tricolore Yannick Stopyra, qui a marqué l'histoire du FC Sochaux Montbéliard, le repère et le fait intégrer son centre de préformation, à Madine, à la fin des années 1990. catalogué comme un joueur technique plutôt que physique, il ne retient pas vraiment l'attention de la Ligue 1, mais qu'importe le club de son coeur, Nancy, lui propose d'y venir achever sa formation et de jouer avec la CFA. En cette fin d'année 2002, l'ASNL connaît de grosses difficultés sportives. Moussa Bezaz, l'entraîneur de l'époque préfère ménager ses cadres et titularise Michael en Coupe de la Ligue face à Châteauroux, c'est son premier match avec les professionnels. Ses débuts son convaincants et vue que la situation nancéenne est compliquée en Ligue 2 (ils finissant la saison 2002-2003 à la 15è place), le jeune joueur de 19 ans est un des principaux gagnants de l'arrivée sur le banc de Pablo Correa avec 21 matches au compteur en fin d'exercice.

Gagner sa place avec Pablo Correa.

02Pourtant ce n'est qu'en février 2004 qu'il signe son premier contrat professionnel ! Symbole de la renaissance du chardon, Michael Chrétien est de la campagne 2004-2005 qui apporte la montée en Ligue 1 et le titre de champion de Ligue 2. L'apprentissage du haut niveau est rude avec un match inaugural ponctué par une défaite 1-0 face à l'AS Monaco à Marcel Picot (un but d'Olivier Kapo). 4,5 dans l'Équipe en ayant reçu un carton rouge en toute fin de match (alors qu'Éli Kroupi s'était déjà fait sortir), c'est bien payé !
N'encaissant que 37 buts durant l'exercice, le promu anime le championnat (colle un 6-0 à Rennes), finit le champion dans un fauteuil (12è) et trouve même le moyen de remporter une Coupe de la Ligue, particulièrement délaissée cette année-là, face à l'OGC Nice (2-1). Chrétien fait lui des kilomètres en Ligue 1 et comme il paraît qu'il « faut avoir 100 matches en Ligue 1 pour un joueur de Ligue 1 » (Guy Roux), ce n'est pas du luxe.
La saison 2006-2007 est encore mieux. Européen, l'ancien promu bat Schalke 04 au premier tour de la Coupe UEFA et accompli le plus gros de l'opération maintien à la fin des matches allers (29 points). Chrétien inscrit son premier but en Ligue 1, connait sa première sélection avec son pays : Le Maroc. Plus fort encore, la saison dernière, deux saisons après avoir quitté la Ligue 2, l'ASNL est leader du championnat entre la 5è et la 9è journée. Du coup, un latéral droit assez offensif dans un club peu huppé qui truste les premières places de la Ligue 1, ça ne va passer inaperçu bien longtemps.

Quand Nancy devient trop petit... puis non en fait.

actu_chretienÀ l'issue de cette saison 2007-2008, Michael Chrétien est nommé dans l'équipe type de la Ligue 1 sur le blog coupfranc.fr (plus honorifique sur France2foot désolé) et ne manque pas de propositions pour un avenir meilleur loin des chardons et des fantômes de la famille Platini. Des demandes de renseignements aux offres concrètes, il ne reste que le Betis et le FC Séville. En tout cas, le 28 juillet dernier, le joueur annonçait clairement son « envie de quitter le club... j'essaie de faire le forcing pour que l'on me laisse partir ». Le Président Rousselot accepte le départ de son protégé (si possible à l'étranger) mais annonce la couleur : « Chrétien n'est pas donné ». Des offres de 4 et 5 millions d'euros sont refusées. Si Puygrenier part à St-Petersbourg pour 6 millions d'euros, Rousselot estime céder le contrat du joueur pour 8 millions d'euros.
Poker menteur ou pas, Pablo Correa s'est fait à l'idée de perdre le joueur et a dès les premières heures du mercato estival fait signer libre le manceau Jean Calvé. Dans l'idée de le faire jouer à la place du marocain. Mai voilà sans un challenge sportif réellement intéressant, Chrétien préfère prolonger à Nancy et met Pablo Correa dans une situation délicate, même le premier à devoir tirer la gueule, Jean Calvé, le prend plutôt bien face caméra : « Pour moi, ça ne change rien puisque lorsque je suis arrivé, il était encore là ». L'ancien Manceau nous sert juste derrière le couplet de la « concurrence qui aide à progresser ».
À avoir un joueur qui a signé pour jouer et un autre qui prolongé faute de  mieux, le tout au même poste : On a vu des crises de vestiaires pour moins que ça !

21 juin 2008

Luka Modric : c’est qui ce ptit con ?

665297_w2TF1 et M6 ont beau glorifier ce jeune et talentueux joueur croate, c’est à en oublier que le commun des mortels ne sait pas vraiment de qui l’on parle alors voilà, bingo ! Il a gagné sa fiche cuisine, quitte à rater son penalty contre la Turquie.

Tout part d’un fou rire. Lorsque l’Autriche a débuté son Euro contre la Croatie, ça ne faisait pas trois minutes que TF1 avait pris l’antenne que déjà on nous vendait du Luka Modric comme élément redoutable qui va allait faire paniquer la défense autrichienne. Et si Arsène Wenger savait bien de qui l’on parlait pour le simple fait qu’il s’est fait souffler la signature du joueur par Tottenham, il n’en reste que votre serviteur est tombé dans le fond de son canapé à l’annonce de la starification soudaine du joueur.
Né le 9 septembre 1985 à Zadar dans un pays qui s’appelait encore la Yougoslavie (la Croatie n’étant que l’une des six Républiques fondatrices en 1943 avant l’indépendance de 1991 et les suites que l’on sait), Luka Modric a une enfance ponctuée par la guerre. Son truc à lui c’était le football et entre les mines, la purification ethnique et la mission de maintien de la paix de l’ONU. Mais il grimpe les échelons.

Le Cruyff des Balkans… ou de derrière les fagots ?photo_de_famille

En passant professionnel en 2003 pour le Zrinski Mostar en première division du championnat de Bosnie-Herzégovine, le milieu offensif axial a déjà vaincu la fatalité et le contexte de son pays. En étant élu joueur de l’année en 2004 il roule une pelle au destin. Parce qu’en plus d’avoir eu la chance de faire du football son métier, le gnome d’1m74 s’est forgé une solide réputation de joueur rapide technique, presque anachronique avec son poste de numéro 10, façon Diego, les buts en moins. Sa précision de passe toujours dans la profondeur est sans aucune contestation son point fort. Parce que pour les penalty, il repassera. Son numéro en équipe de Croatie (14), cette petite taille, ce nez bizarre, cette tignasse au vent en font un clone de Johann Cruyff. D’ailleurs c’est son surnom au pays : Le Cruyff des Balkans. De là à en faire le fils spirituel du Hollandais volant, Modric, à 22 ans, a à peu près deux ans pour nous convaincre dans un grand championnat et, si possible, sur la scène européenne. Sinon on se contentera de dire qu’il ressemble à David Guetta. Ou Dave.
En France, on en a vu des ex-futurs Zidane (Meriem, Meghni, Le Tallec) pour avoir un minimum de recul, quoique si l’on écoute Christian Jeanpierre.
Le grand championnat c’est fait, puisque Modric va rejoindre la Premier League à la faveur d’un transfert estimé entre 16 et 20 millions de Livres (entre 20 et 25 millions d’euros) du Dinamo Zagreb à Tottenham. Club qui a du pognon, mais pas vraiment de résultats si ce n’est la Coupe de Ligue au printemps dernier, gagné après prolongations contre Chelsea (2-1). Le premier point positif est qu’au moins il jouera la Coupe UEFA avant la C1 et son transfert, qui interviendra tôt ou tard, à Chelsea ou Man U. Le second est que Pascal Chimbonda a gagné quelque chose.

Pour le sauver, tapez 1, pour le crucifier tapez 2

624653_w2Contre la Turquie en quart de finale du Championnat d’Europe des Nations, Luka Modric s’est préoccupé de jouer essentiellement vers l’avant. Avec des décalages trouvés dans la profondeur pour Ivica Olic ou Niko Kranjcar. C’est même lui qui centre pour le but Ivan Klasnic, le double greffé du rein, à la 118è minute de jeu, son deuxième dans la compétition après celui de la gagne contre la Pologne. Mais l’âme de Kostadinov plane au-dessus de la sélection Turc et il faut plus d’un but d’avance à deux minutes de la fin des prolongations pour éliminer la sélection Turc. Bah ouais, normal !
Le petit génie croate (pour reprendre la terminologie des vidéos sur dailymotion et youtube) fut le premier à se présenter devant Rustu pour la séance fatidique des tirs au but. Et fut le premier à rater, entraîneur l’effondrement de son équipe et la crise de larme de Diego Srna, seul Croate à avoir réussi son penalty entre Modric, Rakitic, Petric et lui.  Le moment de gloire attendra donc un peu à moins que ça ne soit le début de la fin d’une étoile filante du football moderne. Rendez-vous le 16 août prochain avec sa nouvelle équipe de Tottenham contre Middlesbrough, l’équipe de Tuncay Sanly.

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16 juin 2008

Macho, macho man…

1979414844_soccer_international_friendly_austria_v_england_ernst_happel_stadiumJürgen Macho est le gardien titulaire de la sélection autrichienne, dénué de cuire, de moustache et de lunettes noires, c’est dans la sobriété que le dernier rempart de l’AEK Athènes va de chance en malchance.

C’est sous les couleurs du First Vienna FC qui le jeune Jürgen apprend le métier de gardien de but. À l’âge de 20 ans, il est numéro deux, il ne dispute qu’une vingtaine de matches en trois saisons, mais son mètre 92 se fait remarquer du côté de l’Angleterre et Sunderland lui propose de venir jouer en Premier League au tournant des années 2000.
Doublure du Danois Thomas Sørensen, Macho ronge son frein et ne dispute que 22 matches de championnat en trois ans. Néanmoins c’est en 2002 que lui est proposée la première de ses 15 sélections (avant le début de l’Euro). Fin de contrat, l’Autrichien devient le troisième gardien de Chelsea en 2003. Une seule saison (histoire de se remplir les poches ?) et Jürgen s’en retourne au pays. Au Rapid de Vienne. Mais là non plus, on ne lui fait pas assez confiance et il ne dispute que huit matches de Bundesliga jusqu’à la trêve et décide d’à nouveau s’en aller pour jouer. Kaiserslautern lui offre cette possibilité. Un an  et demi de contrat et 54 matches de championnat, Macho a enfin la possibilité de s’affirmer et de gagner en confiance… en 2.Bundesliga ! Comme le 1.FCK rate la montée en 2007 (finissant 6è pour 3 équipes qui montent), Jürgen ne souhaite pas poursuivre l’aventure. À quand le haut niveau ? La Grèce ? Pourquoi pas, après tout c’est le pays Champion d’Europe en titre. Pas mauvaise idée à un an de l’Euro à domicile. Et c’est dans le troisième club hellène qu’il débarque : À l’AEK Athènes. Macho est titulaire, enfin.

Ça tient à peu de chose…


26844694_pEt comme quoi, le 13 est vraiment un nombre tout pourri, Macho ne passe pas loin de rendre son tablier pour sa treizième sélection. Le 16 novembre 2007, lors d’un match amical contre l’Angleterre, le portier autrichien effectue une sortie aux fraises contre Peter Crouch et se prend l’épaule du géant red en pleine poire. Sur le coup ou bien en atterrissant au sol, Jürgen avale sa langue. Sa présence à l’Euro témoigne qu’il s’en est remis, mais bon. Il est retenu dans le groupe des 23 appelés à disputer l’Euro domestique, mais pas en tant que titulaire. L’histoire de toute une vie ! C’est Helge Payer, le portier du Rapid Vienne, qui garde la maison Autriche. Mais voilà des examens ont révélé fin mai un problème veineux dans l’abdomen  contraignant le joueur à une hospitalisation et à rester hors des terrains pendant six mois. L’Euro ça sera à la télé pour lui.
Du coup, le sélectionneur Josef Hickersberger se prend la tête à deux mains et n’annonce que le matin du premier match du groupe B, contre la Croatie, qui joue entre Macho et Alexander Manninger (qui évolue à Sienne).
Si la sélection Autrichienne a beaucoup de cœur à l’ouvrage, les déficiences techniques et tactiques sont nombreuses (101è à la FIFA). Mais Jürgen Macho n’est pas en cause sur le penalty concédé face à la Croatie (0-1) et c’est davantage la défense autrichienne, dans son ensemble, qui fait preuve de naïveté sur le but de Guerreiro contre la Pologne (1-1). Je vous aurez bien remis les vidéos, mais l’UEFA a des raisons que la raison ignore…
Le choix du gardien se révèle judicieux, étant donné que le portier de l’AEK n’est pas coupable de bourde façon Petr Cech. La presse locale croit en son for intérieur que l’expérience aquatique anglaise de Macho ainsi que l’aptitude à gérer les ballons aériens et à faire le beau sur sa ligne de but ont fait la différence face à Manninger. C’est con, il n’est pas tombé une goutte lors des deux matches.

vastic185_351659aJouer la qualification contre la Mannschaft.


Peu d’observateurs donnaient une côte à la Wunderteam pour jouer sa qualification lors du troisième match contre l’Allemagne. Ce soir, Macho sera mis à contribution face à l’armada offensive de la bande à Löw. Face Gomez, Klose et Podolski (sans compter les frappes de loin de Frings et Ballack), Macho devra instituer l’état de miracle permanent en espérant qu’Ivica Vastic et ses 38 ans inscrivent un deuxième but dans la compétition après le peno contre la Pologne qui a fait de lui le buteur le plus âgé de l’histoire de la compétition. Le tout en pensant très fort à une contre performance de la Pologne contre la Croatie.

23 mai 2008

Ryan Giggs : Mancunien exemplaire

PZR_Ryan_Giggs_retirement_7En foulant la pelouse du stade Loujniki, Ryan Giggs a non seulement remporté sa seconde ligue des Champions, mais également battu le record d’apparition sous le maillot des red devils détenu par Bobby Charlton depuis 35 ans.

C’était un de ces moments anodins de l’Histoire du football. À la 87è minute de cette finale de la ligue des Champions opposant Man U à Chelsea (victoire de Utd 1-1 ; 6-5 aux t.a.b), Ryan Giggs est entré sur la pelouse du stade Lujniki en remplacement de Paul Scholes, autre monument de l’équipe de Sir Alex Ferguson. Avec 759 apparitions sous le maillot mancunien, il a dépassé l’illustre Bobby Charlton. L’Anglais avait fixé le précédent record (758) en avril 1973. Le Gallois lui, était à cette époque en pleine gestation dans le ventre de sa maman et ne naquit que le 29 novembre de cette même année.
Ryan Giggs est un de ces joueurs de plus en plus rares et appelé à disparaître, inéluctablement. Formé au club, le Gallois n’a connu aucun autre amour que United. Natif de Cardiff, sa jeunesse se passe à Manchester. Déjà là, Sir Alex Ferguson le remarque et le milieu gaucher, un peu frêle devient professionnel à 17 ans et dispute son premier match le 2 mars 1991 lorsqu’il remplace Denis Erwin à Old Trafford contre Everton : « Je me souviens de la première fois que je l'ai vu. Il avait 13 ans et flottait à travers le terrain comme un cocker espagnol courant après un morceau de papier d'étain dans le vent ». Quel poète ce Sir Alex !
À 18 ans, il s’inscrit déjà dans le cœur des supporters inscrivant le but victorieux lors du derby contre City.

r147434_519964Giggs, Scholes, Keane et les autres…

La blessure de Lee Sharpe permet au Gallois de s’établir durablement dans le 11 de départ mancunien au début de la saison 1991-1992. Une saison qui sera couronnée par le premier des 25 trophées glanés avec son club de toujours : La Coupe de la Ligue 1992, remportée contre Nottingham Forrest. Il y prend goût aux trophées et la saison suivante c’est le championnat qui tombe dans sons escarcelle. Dès lors il est de toutes les épopées. Malgré un gabarit qui ferait marrer un Sol Campbell (1m80 et 68 kg), le gaucher varie son jeu, centre à merveille, part dans des duels impossibles, cherche à faire la différence pour mieux faire profiter les autres de ses décalages. Un joueur qui se tient droit balle au pied, bouffant sa ligne de touche repoussant jusqu’au denrier moment le centre décisif. Pas maladroit sur coup de pieds arrêtés, les Lillois se souviendront longtemps encore de ce coup de patte de fourbe au stade Bollaert où il profita de l’autorisation par l’arbitre de jouer vite pour placer le ballon dans le but de Sylva qui plaçait encore son but. C’était en huitième de finale de la ligue des Champions 2006-2007.
Pour le palmarès complet : Coupe Intercontinentale (1999), Ligue des Champions (1999, 2008), Championnat (1993, 94, 96, 97, 99, 2000, 2001, 2003, 2007, 2008), Cup (1994, 96, 99, 2004), Coupe de la ligue (1992, 2006). On ajoute 6 Community Shield.
Entre le début des années 1990 est aujourd’hui, Ryan Giggs est un lien temporel avec une époque où les stars d’antan ont aujourd’hui pris du bide (Roy Keane, Éric Cantona, Dwight Yorke, Andy Cole, Teddy Sheringham) mais qui sonnent comme autant de gloire du football d’Angleterre. Cette génération dorée (on enlève Cantona, on ajoute Beckham) qui remporta la ligue des Champions 1999 au Nou Camp contre le Bayern Munich au cours d’un immortel retournement de situation. Les Allemands menaient au score depuis la 6è minute par un coup franc de Mario Basler. À la 91è  Sheringham égalisait (en reprenant une frappe un peu molle de Giggs) et à la 93è « Supersub », Ole Gunnar Solskjaer donnait la victoire aux siens. À l’occasion, Manchester United réalisait en cette année 1999 un triplé historique avec le championnat, la Cup et donc la C1.

_1988017_giggs300300Il manque une carrière internationale.


C’est certainement le problème majeur de la carrière de ce joueur. Sa régularité (une dizaine de buts par saison en championnat + coupe d’Europe) en aurait fait un candidat pour un possible Ballon d’Or lors des années impaires (absence de championnat international). Le Gallois n’aura jamais eu l’occasion de représenter son pays plus loin que les phases qualificatives pour l’Euro et la Coupe du Monde. La faiblesse du vivier gallois n’est pas à prouver. La seule et unique participation des rouges et blancs à une coupe du monde date de 1958. 1976 pour un Championnat d’Europe des Nations. Plus international de l’Histoire dans son pays à l’âge de 17 ans et 321 jours (contre l’Allemagne). Dans cette sélection, seul Craig Bellamy est à peu près connu (passé par Newcastle et Liverpool, aujourd’hui à West Ham). On oublie aussi Rhys Griffiths qui avec 46 buts en 40 matches toutes compétitions confondues est le meilleur buteur du continent cette saison. Et c’est tout !
Néanmoins, les Gallois sont allé jusqu’aux barrages pour tenter de se qualifier pour l’Euro 2004, se faisant sortir par la Russie à minima (0-0 à Moscou, 0-1 à Cardiff). Les instances de l’UEFA ne trouvèrent pas suffisant le dopage avéré d’Igor Titov pour permettre à Giggs de s’exprimer lors de la meilleure compétition de football. Pour l’Euro 2008, le Pays de Galles a fini piteusement à la 5è position de son groupe D, devancé, certes, par la République Tchèque, l’Allemagne, l’Eire et la Slovaquie. Chypre et Saint-Marin fermant la marche. Un joyau qui mérite à être connu, Zidane (lui-même !) dira un jour cette phrase : « S’il était français, Pires ou moi serions sur le banc. Un homme avec le plus de trophées en Europe aurait été lui... »
Les hommages sont ce qu’ils sont, surtout quand on entend Zizou clamer que Vincent Guérin est un de ses trois joueurs référence ! N’empêche que Zinédine est assez peu avare de ce genre de sortie pour signifier toute l’importance qu’elle prend. À 34 ans, Giggs est sur la fin, c’est évidemment un joueur significatif qui aura marqué l’Histoire du football Anglais et tout particulièrement de Man U. Le seul regret sera donc ne pas l’avoir vu volé sur le monde tel un David Backham.

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29 avril 2008

Issiar Dia : Le Ben Arfa méconnu

474249_mediumsquareEncore un exemple de joueur né et formé en région parisienne qui aura échappé au PSG, mais qui fait aujourd’hui les beaux jours de l’AS Nancy Lorraine. Présentation d’un joueur très méconnu du système de Pablo Correa.

La première fois que j’ai eu affaire à Issiar Dia  c‘était en décembre 2005. À l’époque, l’attaquant a 18 ans et s’impose comme la bonne surprise du côté d’Amiens en ligue 2. Après avoir fait des conneries, que son jeune âge imposait certainement, Issiar s’est remis sur le chemin de l’entraînement et des buts. Il s’est imposé comme un joker. Dia me confiait avoir « fait un bon début de championnat, mais je ne dois pas m’arrêter à cela, je dois encore travailler dur. » Il finira la saison avec 8 buts en ligue 2 en participant à 29 matches. Alex Dupont ne tarit pas d’éloge sur son jeune poulain (issu de l’INF Clairefontaine) le déclarant « vif, allant vite balle au pied ». Pour Philippe Celdran (l’expérimenté capitaine d’Amiens qui prenait sa retraite cette saison-là), « son petit gabarit (1m65) lui donne de la mobilité dans les petits périmètres. »

567831372Il passe en revue l’équipe Lilloise à 20 ans.

Issiar se fait connaître dans le milieu et ce n’est pas du goût d’Alex Dupont qui veut qu’on foute la paix à son joueur. Mais le franco-sénégalais a déjà la tête à la ligue 1. Et devant les sollicitations, c’est Nancy qu’il choisit. L’entraîneur Pablo Correa s’appuie sur sa technique dans les petits espaces pour en faire un allier gauche tout à fait pertinent et percutant, qui plus est floqué du numéro 10… À Nancy, il faut faire gaffe avec ce numéro ! Première saison pleine pour un gamin de 19 ans et son pied gauche : 27 matches en ligue 1 et 6 autres matches en Coupe de l’UEFA. Un but dans chaque compétition, c’est un peu court au niveau de l’efficacité, mais l’apprentissage se fait sur les bancs de la ligue 1. Cette saison encore Dia, qui doit apprendre son métier et faire avec la concurrence de Jonathan Brison, compte déjà 27 matches de ligue 1. Là aussi, un petit pêché dans la finition. Il n’a marqué qu’un seul but, lors de la victoire nancéenne à Luis II (1-3). Rayon passes décisives, il en est à deux. Le meilleur dans cet exercice au club étant Benjamin Gavanon qui en compte cinq. Mais l’une d’elle est bien plus qu’une passe décisive puisqu’il passe part du côté droit, collant la ligne de touche, se défait du pressing de trois lillois, en passe trois autres en revue avant de trouver Brison, entre deux autres adversaire, qui trompe Sylva dans un angle bien fermé. Mais heureusement qu’il a marqué parce qu’il y avait fort à parier Dia lui faisait une tête au carré sinon. Il n’y a pas que Hatem Ben Arfa ! Sans doute que dans un club plus renommé on en parlerait encore. Son style de jeu rappelle celui d’un Franck Ribéry, on lui souhaite d’avoir la même réussite. Par contre l’histoire n’a pas encore rendu son verdict sur une carrière Graveleino-Dalmatienne… Ce qui est envisageable c’est voir Dia prochainement sur le départ. Sa marge de progression étant énorme, il attise déjà les convoitises et Ligue des Champions ou pas, son agent trouvera toujours que l’ASNL devient trop petit pour lui. Car Dia fait partie de ces joueurs du championnat aux qualités indéniables qui se fondent à merveille dans un collectif.

dia_2Un joueur taillé pour l’Angleterre.

Le collectif nancéen (qualité de passe, impact physique, disponibilité des attaquants dans les espaces) est en soit une merveille. Pourtant en les prenant un à un Gavanon, Hadji, Kim ou Puygrenier ne font rêver personne. Cet équilibre, forcément fragile, est appelé à voler en éclats dès l’été prochain tant les propositions et les sollicitations fusent de partout et Dia fait partie de la liste de ces joueurs qui seront amenés à réfléchir sur leur avenir. Avec des qualités de petit gabarit mobile qui donne des tours de rein à un Sol Campbell nul doute que Dia va être invité à venir progresser Outre Manche et devenir diabolique L’on s’étonnera encore une fois de voir un joueur francilien quitter notre beau pays sans avoir jouer au PSG après avoir pourtant fouler les pelouses (ou terrains vagues avec des poteaux en blouson) du Montrouge FC 92 et de l’ACBB avant d’intégrer la pouponnière Clairefontaine. Issiar Dia devrait exploser, aux yeux de tous, la saison prochaine ( sous le contrôle du bureau voyance et pronostic de la rédac). Un peu comme son collègue de Clairefontane Hatem Ben Arfa qui participa à des matches de ligue 1 pendant trois saisons avant de se révéler.

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19 avril 2008

Fernando Cavenaghi : Le bide et les buts

2008_04_13T182620Z_01_NOOTR_RTRIDSP_2_OFRTP_FOOTBALL_L1_20080413Tremblez Monsieur Benzema ! Fernando Cavenaghi a décidé de vous coiffer au poteau pour le titre de meilleur buteur de ligue 1. En inscrivant 14 buts depuis janvier, le Bordelais n’est plus qu’à 3 unités du Lyonnais. Portrait.

C’est certainement LE cadeau posthume qu’aura laissé Ricardo aux Girondins de Bordeaux. Arrivé discrètement (pour 10 millions d’euros quand même) mais sans jouer la saison passée, Fernando Cavenaghi a su convaincre ses employeurs (et surtout Laurent Blanc) lors du départ de Marouane Chamakh à la CAN cet hiver. Tout juste si l’on était au courant de sa présence : 14 buts en championnat depuis le retour de Noël, rien que ça. C’est le meilleur buteur de la phase retour. Évidemment ! À cela on ajoute 3 buts en coupe UEFA et un autre en Coupe de France, cela fait une saison à 18 buts pour l’instant, c’est pas mal du tout. Mais qui est ce joueur, chouchou de Chaban, mais très mal connu ?

Fernando_Cavenaghi800x600_564988En concurrence avec Jussiê, Chamakh, Darcheville et son bide.

Cavenaghi arrive en Gironde en 2006 pour une dizaine de millions d’euros. Ricardo l’estime trop grassouillet et le colle sur le banc, voire avec la réserve. Mais le plus étonnant est qu’il provient du Spartak Moscou et du très sexy championnat Russe. Les questions fusent, pourquoi recruter un joueur qui a du bide ? Pourquoi recruter un attaquant quant on a déjà Chamakh, Darcheville, Jussiê voire Obertan ? (non on ne pouffe pas de rire !) La fin de saison 2006-2007 ne résoudra pas ces questions et le début de la suivante encore moins. Tout juste la donne est-elle modifiée puisque Bellion remplace Darcheville (parti aux Rangers). La raison officielle restera qu’une pubalgie avait plombé sa préparation estivale. L’Argentin de 24 ans devra rester sur le banc et ses contenter de la Coupe UEFA puisque David Bellion fait un début de saison tonitruant (10 buts avant la trêve) et que Marouane Chamakh a clairement la préférence de Laurent Blanc. L’ancien héro de River Plate (57 buts en 84 matches) ronge son frein et s’interroge sur la pertinence d’un départ lors du mercato hivernale. Après tout, Lyon le surveillait également ! Mais la perte de vitesse de  Bellion conjuguée au départ à la CAN de Chamakh va changer la donne et permettre à Ezequiel se mettre en évidence durant un mois de janvier particulièrement faste avec 6 buts en 4 matches toutes compétitions confondues.

24_2007_12_10__15_04_1_614Le buteur à la moulinette

À la ramasse en Coupes, le scapulaire est toujours en course pour, éventuellement, empêcher Lyon de décrocher un septième titre national de rang. Avec Wendel, Cavenaghi est la principale arme offensive de Bordeaux. Tiens donc, les Bordelais ont inscrit leurs 12 derniers buts sur coup de pied arrêté cette saison (sur 58 à la 34è journée). L’importance du passeur, la réactivité du renard des surfaces. En témoigne la déviation victorieuse de l’Argentin sur le coup franc du Brésilien lors du week-end dernier contre Caen (2-1). Histoire de ne pas laisser planer le doute que son talent se serait envolé en même temps que ses cheveux. Le Brésilien et l’Argentin se sont également bien trouvé à Monaco pour le premier des 6 buts du scapulaire à Louis II, mais également en réalisant un double une-deux pour éliminer Éric Cubilier dans la surface de Metz pour le deuxième but des pensionnaires de Chaban (3-0 au final). L’on remarquera également son aptitude à partir dans la profondeur comme au Mans ou marquer sans pour autant que l’attaque constitue réellement une occasion comme ce fut le cas contre Saint-Étienne. L’on remarque que quand l’Argentin ne marque pas de la tête, il fait tout pour se mettre sur son pied droit, le but du Mans constituant en ce sens un document particulièrement à charge. Tenter le lob du droit au lieu de passer le cuire dans le petit filet du premier poteau du gauche… L’on remarque que ce buteur fonctionne pas mal au doublé. Auxerre, Metz, Monaco, Nancy et Caen, par deux fois, le Bordelais trouvait le chemin des filets. Bon d’accord parmi ces 5 doublé depuis janvier, il y en a trois imputables avec un but inscrit sur penalty, 4 en tout depuis qu’il joue.

Karim_BenzemaFinira-t-il meilleur buteur de ligue 1 ?

Ce qui est assez dérangeant à plus d’un titre pour l’ensemble des buteurs de ligue 1, c’est que Fernando Cavenaghi n’a plus qu’à trois longueurs de Karim Benzema, actuel meilleur canonnier de L1 avec 17 buts. Le Lyonnais marche à l’ordinaire depuis plusieurs semaines puisqu’il n’a inscrit qu’un seul but en championnat la mi-février, ce fut contre Bordeaux. Quelle serait la réaction de la profession en voyant un joueur qui n’a joué que la moitié de la saison finir meilleur buteur de ligue 1 ? ( À moins que le Marseillais Mamadou Niang y trouve à redire)
International depuis le 26 mars ( et les dernières minutes d’un amical contre l’Égypte), Cavenaghi commence à attirer les regards étrangers et c’est notamment le Napoli, qui est en voie d’obtenir un maintien aisé (9è de Série A), qui a allumé la première mèche selon la presse spécialisée type Foot Transferts ! Mais Bordeaux en ligue des Champions, nul doute que son joyau reste encore au moins un an. Pour une vraie saison à se tirer la bourre avec Benzema ?

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03 avril 2008

Deivid, le grand moment de solitude.

imagesC’est pas comme si c’était méchant de dire que Deivid n’avait pas laissé un souvenir impérissable en France, mais l’ancien Bordelais renaît du côté de Fenerbahçe. Club avec lequel il s’est offert un joli doublé contre Chelsea en quart de finale aller de la ligue des Champions.

Pas grand fan de la ligue des champions cette saison, je ne pouvais pas résister à l’envie de vous parler d’une ancienne  comète de notre bon vieux championnat de ligue 1 à nous qu’on adore : Deivid Hulk de Sousa ! À vrai dire, j’envisageai davantage de revenir sur PSG-Strasbourg avec les portraits croisés de Pierre Ducrocq et Grégory Paisley. Mais quand on y réfléchit, autant parler d’un seul gars, qui plus est, a réussi à inscrire presque autant de buts que les deux anciens larrons du PSG réuni (3 pour le Brésilien, 4 pour les deux autres) en ligue 1. Bah ouais…
Du côté de Nova Iguaçu, le petit Hulk naît un 22 octobre 1979 jour, à n’en pas douter, pluvieux même chez les Auriverde.  Sa carrière débute dans le club de sa ville natale, puis à Joinville (faisons confiance à Wikipédia) avant de tenter une première fois sa chance en Europe du côté de Lecce en 1999. L’expérience dure quatre mois. Mais Santos lui tend la main afin de parfaire ses armes, en équipe réserve. Pourtant Diego fait tourner la boutique à l’époque. Pire, quand Robinho commence à étaler toute sa classe, Deivid choisit d’aller voir ce qu’il se passe du côté des Corinthians. Il y effectue sa première saison « bordelaise » disputant 21 matches et n’inscrivant que 3 buts dans un championnat brésilien où les défenses sont ouvertes aux quatre vents. Loin d’avoir convaincu son monde, l’attaquant continue son tour des clubs brésiliens en rejoignant Cruzeiro où il croise Cris. Il y reste alors deux saisons, dispute une petite quarantaine de matches et y inscrit enfin des buts. 7 la première, 15 la seconde. Un Brésilien marque 15 buts en championnat ? Forcément 149 recruteurs européens sont sur le coup et c’est Bordeaux qui rafle la mise. Présenté lors l’été 2003 au Haillan comme le successeur de ce traître de Pauleta parti à la capitale, Deivid déçoit rapidement. Sa saison est pénible, de moins en moins souvent titulaire, Michel Pavon s’arrache les cheveux : 21 matches, 3 buts. La leçon Christian n’a-t-elle donc point été apprise !?

deividEntre Amara Simba et Amara Diané


La saison suivante, l’attaquant (j’avais oublié de préciser, ça n’avait pas l’air évident) est prêté à Santos où tel le phoenix, il renaît de ses cendres : 41 matches, 21 buts. Hulk devient tout vert en jouant à côté de Robinho. Le scapulaire se frotte les mains à l’idée de récupérer son joueur en pleine bourre, mais voilà que le Brésilien tacle son proprio au niveau de la carotide en déclarant « Bordeaux ne vise que la troisième ou quatrième place. Je veux jouer dans un club qui se bat pour le titre ». Souhaitant aller à Valence, Barcelone, Milan… C’est en Turquie, au Fenerbahçe Istanbul, qu’on le retrouve. Dans le club côté asiatique du Bosphore.
À 28 ans, Deivid trouve la plénitude en ce début de saison et cartonne la gueule à l’Europe du football. En ligue des champions, il marque contre l’Inter Milan d’une somptueuse reprise de volée qu’Amara Simba n’aurait pas renié. En quart de Finale, mercredi soir, il ouvre le score pour Chelsea réalisant un joli but contre son camp qu'Amara Diané n’aurait pas mis dans le but opposé. En quête de rachat , il donne la victoire à son équipe en récupérant le ballon à 20 mètres du but de Cudicini et, sans élan, balancer une mine dans la lucarne renvoyant Ricardo Carvalho et John Terry à leurs études. Un joli doublé donc pour le Brésilien qui affiche ses prétentions pour le trophée de l’homme du match. Mais sinon Deivid en est tout de même à 5 buts en 8 matches dans cette ligue des champions 2007-2008 et donc pas étranger au parcours spatiotemporelle du club Turc.

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