30 juin 2008
Et l’Espagne vaincu
Comme quoi bien des choses irréelles arrivent, l’Espagne et son soi-disant jeu offensif et séduisant ont remporté l’Euro 2008 en mettant fin au stéréotype d’une Allemagne au mental d’acier et qui gagne toujours à la fin (1-0).
Alors oui la Roja comptait encore quatre joueurs dans la surface allemande lorsqu’il restait 10 minutes à jouer en menant 1-0 pour une action de 2-0.
Dire que l’Espagne a produit du jeu durant ce Championnat d’Europe des Nations est quelque peu prétentieux. Luis Aragones dans sa folie traumatique n’a certes pas sorti Fernando Torres pour faire entrer un défenseur central mais a sorti Cesc Fabregas pour Xavi Alonso. Le second étant tout de même plus défensif que le premier. Moi le premier, louais les prétendues qualités mentales allemandes dignes d’un triple vainqueur de l’épreuve et de la Coupe du Monde. Allant jusqu’à faire de l’eugénisme pensant que c’était dans leurs gênes cette culture de la gagne qui fait qu’un teuton sort inévitablement vainqueur d’une finale. Les Espagnols étant, au regard de l’histoire, là par hasard c’est tout juste si le match devait avoir encore un semblant d’intérêt.
Et c’est bien l’inverse qui arriva. Cette Allemagne habituée depuis peu aux places d’honneur (Finaliste de la Coupe du Monde 2002, troisième de la Coupe des Confédérations 2005, troisième de la Coupe du Monde 2006) a même paru résignée à l’approche du coup de sifflet final laissant aux Espagnols le soin de faire un énorme bras d’honneur à l’Histoire. Pas tant que ça pour la génération Inesta, Fabregas, Torres, Sergio Ramos, champions d’Europe des moins de 17 ans et de 19 ans à plusieurs reprises depuis quelques années. Le mental de vendeurs winners étant de l’autre côté des Pyrénées. L’ouverture du score par Fernando Torres, qui a bien choisi son jour pour débuter son Euro, symbolise plutôt bien ce nouvel état d’esprit.
Un vrai favori pour le mondial 2010.
L’Espagne championne d’Europe, voilà une insanité de l’Histoire réparée, ne reste plus que les Pays-bas. Du coup, les Ibériques s’offrent la légitimité de prétendre au titre mondial d’ici deux ans. Leur faculté à se qualifier les doigts dans le nez pour les grands rendez-vous faisant foi de leur évidente participation.
Que cela soit claire, l’Espagne qui remporte cet Euro n’est pas imméritée à la vue du jeu proposé et surtout cette capacité à faire tourner le score à sa faveur lorsque le contexte du match le demande (comme lors de la demi-finale contre la Russe avec la sortie de Villa et l’entrée de Fabregas). L’on remarquera aussi que la culture du gabarit qui fait foi de nos jours en a pris un coup dans la gueule avec un groupe ibérique assez petit et pas spécialement athlétique, mais surtout technique.
Ballack, Ullrich même combat…
Ainsi fond trois fois fond, les désillusions germaniques dans une grande compétition et d’un siècle qui ne semble vraiment pas fait pour eux. Et si Schweinsteiger clamait haut et fort en avoir marre des places d’honneurs, le fait est que l’équipe d’Allemagne, génération Michael Ballack, doit se rendre à l’évidence d’un destin plombé tel Jan Ullrich sur les cols du Tour du France avec ses cinq deuxièmes places (1996, 1998, 2000, 2001 et 2003).
Qui d’autre que le natif de Göriltz en ex-RDA (comme Ullrich) pour symboliser (oui parce qu’il y a beaucoup de symboles dans cette soirée) ce soudain esprit de la lose ? Son bilan annuel est d’être deuxième de Premier League avec Chelsea, finaliste de la Ligue des Champions et finaliste de l’Euro (logique vue sa piètre prestation et sa demi-douzaine de faute commises avant la mi-temps qui aurait pu lui valoir une expulsion). Une saison à s’y méprendre à celle de l’an 2002 où il a perdu la finale de Coupe d’Allemagne, finit deuxième de Bundesliga et finaliste de la Ligue des Champions avec son club d’alors, le Bayer Leverkusen, avant d’être suspendu pour la défaite de la Mannschaft contre le Brésil lors de la finale de la Coupe du Monde (2-0). Quant ça veut pas…
29 juin 2008
Quoi de neuf à Grenoble ?
L’Euro occulte bien des préoccupations quotidiennes. Depuis le mois de mai, Grenoble était dans l’incertitude d’évoluer en ligue 1 la saison prochaine selon les critères financiers de la DNCG. Le dénouement est tombé ces derniers jours.
Souvenez vous de cette course haletante au maintien le printemps dernier entre Lens, Toulouse et Paris. L’espace d’un instant, ces trois clubs ont cru pouvoir se sauver par le concours des critères financiers de la Direction Nationale de Contrôle et de Gestion (DNCG). En effet, à l’étage inférieur, Grenoble était sur le point d’accéder sportivement à la Ligue 1, mais dès le 17 mai, l’Équipe annonçait les difficultés de l’entreprise propriétaire à 99% du club : Index Corporation. 100 millions de dollars de perte pour l’année 2007 par la firme nippone et une rumeur circule comme quoi le GF 38 est à vendre.
D’autant que Masami Ochiai, le Président de l’entreprise japonaise a mis du temps à s’exprimer. Du coup, le budget brinquebalant de 25 millions d’euros était remis en cause avant sa présentation à la DNCG le 29 mai et le club aurait pu se voir priver de sa première montée depuis 1963. Du coup, c’est le 18è de Ligue 1 qui se retrouvait miraculeusement sauvé des eaux.
L’information devenue publique, il n’a fallu alors attendre que le 19 mai pour voir les choses bouger. Index Corporation, par le communiqué de son Président Masami Ochiai, déclare alors : «Nous avons la volonté de rester actionnaires et de fournir des soutiens appropriés à Grenoble. Nous voulons en faire un club digne de la L1». N’oublions pas que le GF 38 table sur une victoire en Ligue des Champions en 2014 (sic) et son actionnaire « vouloir soutenir durablement le développement du GF38 afin de répondre aux attentes de ses supporters ».
Une promesse de 7 millions, un virement de 4…
Le 29 mai, le DNCG annonce sa mise en délibéré au 11 juin après avoir reçu à Paris les dirigeants isérois. L’instance de contrôle a demandé au GF 38 de fournir de solides arguments afin d’être crédible, en plus du joli sourire. Le versement des 7 millions d’euros pour combler le déficit d’exploitation de la saison 2007-2008 au premier chef. Le 9 juin, deux jours avant le délibéré de la DNCG, le Président délégué du club (Pierre Mazé) indique que le dossier est «en bonne voie. Tout va être régularisé par Index et cela se passera mardi (10 juin) au Japon. Nous espérons que tout va bien se passer mercredi (11 juin) auprès de la DNCG». Une délibération qui est finalement repoussée au 25 juin, indiquant qu’effectivement les choses bougent. Et effectivement, les choses bougent. Après un mois d’incertitude, Masami Ochiai annonce le 17 juin qu’un virement sera fait sur le compte du club dans la semaine. Chose fait le 19. Une somme de 4,24 millions d’euros est crédité aux actifs du club. Mouvement bancaire qui semble satisfaire la DNCG puisqu’elle annonce sur le champ que le GF 38 peut monter en ligue 1. On remarque qu’il manque 2,76 millions d’euros et qu’Index Corporation a mis un mois a versé la somme. Qu’a-t-elle vendu à pertes entre temps ?
Une équipe pour la Ligue 1 ? 
Durant ce mois où Grenoble n’avait pas la tête à 100% à la préparation de la nouvelle saison, les esprits mercenaires isérois commençaient vaguement à prospecter autour d’eux afin de rebondir en cas de non accession à la l’élite. À commencer par l’entraîneur Mehmet Bazdarevic concerner il y a semaine par le jeu des chaises musicales sur les bancs de Ligue 1 du fait de l’éviction d’Alain Perrin de Lyon. Pour le remplacer, le coach Lillois (Claude Puel) qui est remplacé la Rudi Garcia (Le Mans). Avant d’avoir le dénouement de la situation grenobloise, Mécha (dont le raisonnement a le mérite d’être franc : «Ma priorité reste bien sûr d'entraîner Grenoble, mais seulement si c'est en Ligue 1 ») était sur les rangs aux côtés de Laurent Fournier pour diriger l’équipe sarthoise avant que le MUC72 ne privilégie la solution interne.
Grenoble se met du coup à recruter. Enfin recruter pour les petits clubs promus consiste surtout à garder leurs joueurs. À commencer par Walid Regragui (32 ans). Le milieu de terrain marocain était en fin de contrat dans l’Isère, le club lui a proposé d’apporter son expérience de la Ligue 1 (Ajaccio et Toulouse). Mardi après-midi, on apprenait que le défenseur Serbe de 24 ans et 1m90, Zoran Rendulic, rejoignait le club pour deux ans (à la base en tout cas) en provenance du club de Borak Cacak qui n’est pas une association 1901 fondée par Sacha Baron Cohen, mais un club de première division local.
La manne transferts consistant par ailleurs à se faire prêter des joueurs en manque de temps de jeu dans leurs clubs.
Reste à savoir si ce déficit de concentration ne portera pas préjudice à la saison du club. Il est évidemment impossible de la savoir en l’état.
28 juin 2008
Lilian Thuram au PSG : Le choix du cœur.
Comme quoi passer une visite médicale avant signer un contrat avec un club de football sert à quelque chose. Les médecins ont trouvé une hypertrophie cardiaque à l’international français et renvoyé l’éventuelle signature au 30 juillet.
Traditionnellement un joueur passe toujours une visite médicale avant de s’engager avec son nouveau club. Le cobaye souffle dans deux ou trois tuyaux, passe des radios des genoux et des chevilles, fait pipi dans des bocaux et puis voilà.
Une fois sur 1 000, 2 000 ou 3 000, il arrive qu’un hic apparaisse. Comme une malformation cardiaque, par exemple. Jurisprudence Marc Vivien Foé oblige, de plus amples examens vont affirmer ou non si Lilian Thuram peut continuer le foot ou pas, au PSG ou non. Demi-surprise pour l’ancien barcelonais : « Je savais que j'avais cette maladie du coeur, ma maman l'a aussi, elle était avec moi hier lors des examens. Mon frère est mort de cette maladie sur un terrain de basket et d'autres membres de ma famille soufrent aussi de ça. Quand j'étais jeune joueur à Monaco, on m'a dit qu'il y avait quelque chose mais que j'étais apte. J'ai cru que c'était une blague, j'ai passé les tests et j'étais bien, mais les choses ont évolué et il y a un risque aujourd'hui ». La blague aurait été que le PSG s’en rende compte après la signature du joueur pour un engagement d’un an (plus une autre année en option) pour un salaire de 3,5 millions d’euros bruts.
C’est quoi une cardiomyopathie obstructive familiale ?
Selon Éric Rolland (le médecin du club), de plus amples examens devront déterminer si « ces anomalies sont en rapports avec son activité sportive (le cœur étant un muscle, ce dernier peut se développer) ou traduisent l’évolution d’une maladie cardiaque comme une cardiomyopathie obstructive familiale ». Sans préciser pour autant à quel point cela compromettrait la signature du joueur aux 142 sélections en bleu.
Au fait de quoi on parle ? Selon Vulgaris-médical.com une cardiomyopathie obstructive serait une hypertrophie du septum (cloison séparant les deux ventricules cardiaques) avec parfois une augmentation de volume du ventricule gauche ou deux ventricules à la fois. La vidange du cœur ne peut plus se faire convenablement au niveau du ventricule gauche (plus rarement au niveau du ventricule droit). L’élasticité des ventricules est de ce fait diminuée et le remplissage du cœur se fait mal. Ceci entraîne une accumulation de sang en amont et consécutivement une hypertension à l’intérieur des poumons (hypertension pulmonaire). Pas cool quoi.
S’en rendre compte après 18 ans de carrière ?
Si Arsène Wenger, son premier entraîneur à Monaco, a très vite botté en touche déclarant penser que sur le rocher « on lui a fait passer tous les tests mais personne ne m'a jamais dit qu'il y avait un problème médical ». Et si on peut jouer avec une petite malformation semble-t-il, la soudaine hypertrophie laisser penser que les docteurs de l’équipe de France, du FC Barcelone, de la Juventus Turin et de Parme ont de la merde dans les yeux même si l’on nous dira que ça ne se voit pas avec les examens classiques pour un joueur de haut niveau.
Une nouvelle pierre dans le jardin, entre autres, de Raymond Domenech et de son staff médical sacrement pointé du doigt depuis l’Euro.
Sur le site Internet du journal Le Monde, le médecin de l’équipe de France, Jean-Pierre Paclet déclare qu’ « aucun électrocardiogramme ou échographie n’avaient été faits avant l’Euro ». L’appui, dans la journée, à son sélectionneur de l’éclopé Willy Sagnol fait pouffer de rire du coup.
Le Docteur Riccardo Agricola, médecin de la Juventus Turin, renvoie la responsabilité ailleurs en déclarant que Thuram « a toujours été apte. Il est possible que les signes de cette malformation se soient manifestés après la période pendant laquelle Thuram a été un joueur de la Juve » (2001-2006). Bien sûr.
Pour l’instant, seul le Barça ne s’est pas exprimé pour dire que c’était pas eux non plus.
Pour ce qui est du PSG, le club se retrouve à devoir marcher sur des yeux en faisant en sorte de passer des gens humains, aux côtés du gars qui fut touché par la grâce le 8 juillet 1998 contre la Croatie. La logique sportive voudra également que derrière les commentaires et les soutiens au joueur, le club se retourne vite et trouve un défenseur central à associer avec Zoumana Camara.
27 juin 2008
Espagne 3-0 Russie : ça a fait pschittt !
Pour la deuxième fois en un peu plus de quinze jours, l’Espagne a battu la Russie par trois buts d’écart et renvoyé la Russie à l’âge de pierre. Dimanche les Ibériques disputeront contre l’Allemagne leur première finale d’Euro depuis 1984.
Pour reprendre les grands clichés du football, les Espagnols en voulaient plus que les Russes si l’on veut résumer à cela cette seconde demi-finale.
D’aucun pensait pourtant que ce deuxième Espagne-Russie de la compétition serait une copie conforme au match de poule remporté 4-1 par la bande à Villa. Et si 3-0 semble un score large qui ne souffre d’aucune contestation, on peut difficilement penser que les Russes ont été totalement à côté de leurs pompes. Ne serait-ce pas qu’il y avait 0-0 à la mi-temps. De là à dire qu’ils ont été à la hauteur, faut pas pousser…
Volontaires, accaparant le ballon, le récupérant même par moments dans le camp adverse, les Espagnols prenaient le match par le bon bout, même si les occasions n’étaient pas légion. Marcos Senna livrait à nouveau un travail colossal tandis qu’Iker Casillas attendait sereinement le premier tir cadré en sa direction. Moins en vue que lors de la première rencontre, David Villa combinait assez justement avec Fernando Torres (dont une jolie frappe en pivot dès la 5è) avant de se blesser et de céder sa place à Cesc Fabregas peu après la demi-heure de jeu. Le joueur de Valence ne devrait pas pouvoir disputer la finale dimanche soir.
Sur son côté droit, Sergio Ramos avait toute la latitude à apporter le surnombre et ses tripotages de balles intempestifs tant l’opposition défensive et offensive de Zhirkov semblait anecdotique.
Côté russe on attendait énormément d’Archavin depuis le quart de finale contre les Pays-Bas (3-1 a.p), l’enjeu, la rumeur du transfert à Barcelone pour 17 millions d’euros, l’orage, la pluie, la position des étoiles que sais-je ont fait de la nouvelle starlette du football un joueur moyen ne pesant absolument pas dans le jeu de son équipe dans les 40 derniers mètres. Pavlyuchenko (à peu près le seul bon russe hier soir) ratait quant à lui l’ouverture du score avant la mi-temps, mais San Iker n’eut pas à brûler un premier joker « arrêt classe mondial » puisque ce tir ne fut toujours pas cadré (34è).
À la mi-temps, les deux équipes sont dos-à-dos, mais l’on devine clairement l’Espagne l’emporter à moins que la Russie ne se décide à commencer son match.
L’apport de Fabregas…
Si les Russes reviennent avec de meilleures intentions pour la seconde période avec un placement plus haut, les ardeurs de Guus Hiddink sont vites rafraîchis par l’ouverture du score par la Roja sur un mouvement trop peu vu cette année à Barcelone entre Inesta et Xavi. Le premier se jouait de Saenko, Semak et Anyukov avant de centrer aux six mètres pour le second qui devançait la sortie d’Akinfeev et le tacle d’Ignashevitch (50è). La machine à baffe ibérique se met en route avec la réorganisation tactique en 4-5-1 pour incorporer Fabregas. C’est d’ailleurs le Gunner qui trouve Güiza (une louche avec une touche de balle). Le Majorcain enchaîne contrôle poitrine et petit lobe extérieur du droit pour inscrire là son premier but dans l’Euro. Fabregas qui trouvera également Silva 10 minutes plus tard pour un 3-0 des familles. L’absence de Kolodin fait-elle à ce point porter un lourd fardeau défensif à ses coéquipiers ?
L’entrée de Fabregas et la sortie de Villa change tout également. En 4-4-2 l’Espagne aurait pu galérer davantage. Mais quelque part sa blessure enlève une aiguille dans le pied de Luis Aragones : Comment se passer de Villa pour intégrer Fabregas sans froisser les médias et personne dans le vestiaire : Une blessure.
Ainsi Dimanche soir au Ernst-Happel Stadion, Allemands et Espagnols se disputeront le treizième Championnat d’Europe des Nations. Rayon historique en 19 confrontations, la Mannschaft mène 8 victoires à 5 pour 6 nuls. La dernière confrontation remonte à 2003 où à Palma de Mallorca les locaux avaient disposé des germains 3-1 en amical. La dernière fois que ça a comptée pour autre chose que du beurre, c’était dans le groupe C de la coupe du monde 1994 qui avait donné 1-1. Les buteurs ? Goicoechea pour l’Espagne et Klinsmann pour l’Allemagne.
La grande question existentielle sera de savoir si l’Espagne pourra gérer un événement comme une finale, chose qui ne lui est plus arrivé au plus niveau depuis 1984…
Un jour l'Espagne vaincra
Gros plan sur le sexy championnat russe
Allemagne 3-2 Turquie : Le high et le Löw
26 juin 2008
Allemagne – Turquie (3-2) : Le high et le Löw.
Malgré une pauvreté technique affligeante, la première demi-finale de l’Euro a tenu ses promesses romanesques entre une Allemagne friable et une Turquie qui fait figure d’épouvantail. Mais le football est un jeu qui se joue à onze et où l'Allemagne gagne toujours à la fin, enfin presque...
Fatih Terim, le sélectionneur turc, avait beau disposer de 14 joueurs dont 2 gardiens pour composer son équipe, ses hommes faisait office d’égorgeur de brebis si l’on se fit un temps soit peu à leur parcours. Habités par l’âme de Kostadinov, les Suisse, les Tchèques et les Croates pensaient avoir fait le plus dur en menant au score à quelques encablures du coup de sifflet final.
Certainement qu’au coup d’envoi de cette demi-finale au moins à moitié surprise, les Allemands se sentaient un peu à l’étroit dans leurs shorts. Jamais deux sans trois, c’est connu, mais trois sans quatre ? Presque pas étonnant vu ainsi de voir les Turcs occuper l’espace et le ballon durant le premier quart d’heure. Les coéquipiers de Ballack ne s’en inquiétaient pas plus que ça vu que la domination Turc ne procurait pas de frappe au but dangereuse jusqu’à ce que Kazim-Richards frappe la barre transversale en reprenant un centre d’un Hamit Altintop bien décidé à vanner ses coéquipiers du Bayern à la reprise. La Mannschaft sort alors de son coma léger et remonte d’une vingtaine de mètres mais n’obtient réellement que deux corners qui ne donnent rien.
Qui a des nouvelles de Sébastien Pérez ?
Mais la sélection turc ne laisse pas faire et se jette corps, âme et biens dans la fameuse bataille du milieu de terrain sans que par miracle personne ne se blesse (à part Stefan Rolfes qui s’ouvre le crâne sur un duel aérien).
Sans farouchement le mériter par autre chose que la possession de balle et sa barre transversale 10 minutes plus tôt, la Turquie ouvre le score sur un cafouillage assez britannique lorsque Cazim-Richard (encore lui) rate son retournée acrobatique qui se transforme en lob pour Jens Lehmann. Le cuir rebondit à nouveau sur la barre et devient passe décisive Ugur Boral qui bat Lehmann d’une frappe presque écrasé qui passe entre les jambes du portier teuton (22è). L’on remarque dès lors que le héro du pays, qui joue à Fenerbahçe, a un faux air de Sébastien Pérez. Remarque qui sera débattue entre amis jusqu’à la mi-temps quand même.
À 1-0 pour les outsiders, la machine à baffe germanique se met en branle et réaffirme le théorème qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’une équipe d’Allemagne menée au score (Jurisprudence Séville 1982) et quatre minutes après l’ouverture du score Bastian Schweinsteiger égalise en reprenant un centre de Lukas Podolski, qui aura été transparent ce soir (26è). À 1-1, le match est lancé comme on dit sur le direct de l’Équipe.fr mais les égarements techniques des uns et des autres sont autant de bouées de sauvetages à des défenseurs visiblement pas dans un grand soir d’un côté comme de l’autre.
Concours du plus mauvais gardien...
À la mi-temps Joachim Löw décide de faire entrer en jeu Thorsten Frings (incertain pour un mal de dos) à la place de Stefan Rolfes qui en a pris plein la tronche et qui se fait recoudre sur le bord de touche. Ce qui constitue l’information principale d’une bonne partie de la seconde mi-temps dès lors que Ben Laden, le trou dans la couche d’ozone, Greenpeace, le Parti Communiste Luxembourgeois et Dieudonné eurent décidé de perturber à trois reprises la retransmission. Entre deux sujets à charge sur Raymond Domenech (sa sélection incontestée avant le début de la compétition passée au broyeur, J-M Larqué après six mois de lobbying pro Abidal dans l’axe s’offusque de ce choix par le sélectionneur contre l’Italie…), la Mannschaft trouve le moyen de prendre l’avantage et s’offre ainsi une fenêtre, que dis-je une véranda, sur la finale de Vienne. Miroslav Klose reprend victorieuse un centre de Philipp Lahm et profite surtout de la sortie Superman style de Rüstü au niveau du point de penalty (79è).
La Turquie est-elle capable de revenir au score après avoir ouvrir le score puis concédé égalisation et avantage à l’adversaire ? Le débat de Turkish addict or not est à son comble lorsque Sarioglu dépose Lahm sur son côté droit, centre pour Sentürk qui égalise en profitant de l’espace laissé entre Lehmann et son poteau gauche (86è). À 2-2, le match vire dans l’hystérie (ou alors il y avait trop de fille autour de moi) et l’on se voit déjà avec l’équipe de Turquie arrachant sa qualification pour la finale en prolongations ou bien penalty. Fautif sur l’égalisation Turc, Philipp Lahm n’a de remord que pendant quatre minutes. Lorsqu’il prend son costume de buteur à Mario Gomez pour jouer un une-deux avec Ballack, entrer dans la surface de réparation et frapper on dira en pleine lucarne et se rattraper de sa bévue en offrant à l’Allemagne sa première finale d’un tournoi majeur depuis la finale du mondial 2002 et d’Euro depuis 1996. En passant par tous les états, les Germains auront donc l’occasion de remporter leur quatrième Championnat d’Europe des Nations (1972, 1980, 1996), nul doute qu’il faudra plus pour être sur le toit du monde, mais à l’image de la prestation de Michael Ballack ce mercredi soir, la Mannschaft en a encore beaucoup sous le pied.
25 juin 2008
Gros plan sur le sexy championnat russe
La Russie est en demi-finale de l’Euro 2008 et s’impose comme l’un des acteurs incontournables du football de demain. Mais quelles mutations a subi ce football des échecs du Spartak en C1 à la victoire du Zénith en C3 ?
17 millions de kilomètres carrés, 145 millions d’habitants et plus de 2 millions de licenciés de football, la Russie, comme ça, c’est un énorme bordel arrosé de vodka plus ou moins frelaté. Et ça l’est certainement dans ses structures amateurs. Au niveau professionnel, le championnat russe s’est organisé pour palier aux exigences du siècle à commencer par son nom : la Première Ligue.
Des 23 Russes présents à l’Euro seul Ivan Saenko ne joue pas au pays (Nuremberg). Et encore ses six sélections avant le début de la compétition n’en font pas un cadre du groupe, n’étant titulaire que contre les Pays-Bas (3-1 a.p), entrant en jeu contre la Grèce (1-0) et la Suède (2-0).
Ce n’est donc pas comme si le succès russe était imputable aux progrès réalisés par des joueurs évoluant à l’étranger. La seule raison étrangère au succès russe du moment est de se demander à quel point Guus Hddink est un génie ?
Un championnat à 16 
Comme dans chaque composante de cet immense pays, il y a un avant et un après 1991. Jusqu’en 2001, la très austère Division Supérieure pataugeait comme elle pouvait. Après tout, en 1992, la Russie retrouvait un championnat apaisé, mais amputé du Dinamo Kiev, du Dinamo Tbilissi, du Dinamo Minsk, de l’Arat Erevan… Autant de champions d’URSS. Le club Ukrainien ayant même remporté 13 titres de champion à l’époque. Dans les années 1990, le Spartak Moscou conforte une espèce de monopôle d’État en remportant tous les titres jusqu’en 2001 à l’exception de 1995 où l’Alania Vladikavkaz a vu de la lumière…
À cela il faut ajouter la contrainte climatique qui oblige la compétition à se dérouler de la mi-mars à la mi-novembre. Pour briller dans les compétitions européennes au mois de décembre et à partir de février, ce n’est pas terrible. D’ailleurs, le Zénith St-Pétersbourg, principal pourvoyeur de la sélection russe (6 joueurs) a obtenu le report de ses matches de championnat durant l’Euro.
En 2002, l’état permet aux clubs de se doter d’une autonomie financière plus large en plus du coup de peinture sur l’institution devenant Première Ligue. Mais son site Internet n'a toujours pas de version anglaise...
Les clubs peuvent désormais être racheté par des entreprises et recruter davantage de joueurs étrangers. C’est à partir de là que le Lokomotiv Moscou, le CSKA Moscou et le Zénith St-Pétersbourg ont pris leur envol rompant les lignes et mettant à mal une hiérarchie établie et forcément ennuyeuse. Il n’y a qu’à voir en France…
Sur les six premières journées de cette saison, la moyenne est de 1,78 but par match, ce qui classe le championnat russe comme très défensif. Ou du moins où l’on marque peu comparé à la Ligue 1 et ces 2,21 buts par match.
Les nouvelles stars :
- Le Lokomotiv Moscou
C’était un peu le Poulidor du football russe. Souvent placé, rarement gagnant, le MFK Lokomotiv fut le premier champion de Russie de la nouvelle Ère (2002) et a remis ça en 2004. C’est un club qui a en premier fait comprendre au pays qu’il était possible de faire un parcours honnête en Coupe d’Europe sortant d’un groupe composé d’Arsenal, de l’Inter et du Dinamo Kiev lors de la ligue des Champions 2003-2004 se faisant sortir par une équipe de Monaco en route pour la finale de Gelsenkirchen. L’ancien gardien de la Roma, Ivan Pelizzoli y fini sa carrière depuis 2007.
- Le FK CSKA Moscou
C’est le club de l’armée historiquement. Le CSKA est en fait un club omnisport qui a les faveurs de Vladimir Poutin. Soucieux du temps de sa présidence de donner en toute discrétion à ses soldats des motifs de se satisfaire de leurs représentants sportifs, il permet, en 2004, à son ami Roman Abramovitch de devenir sponsor du club via sa société Sibneft. L’unes des principales compagnies pétrolières du pays. 45 millions d’euros sur trois ans et six brésiliens dans l’effectif plus tard, le club pensionnaire du stade Dinamo est le premier de Russie à remporter la Coupe UEFA, c’était en 2005. Le club était alors reversé de Ligue des Champions finissant troisième de son groupe. L’autorité d’Abramovitch est néanmoins officiellement limitée selon les règles de l’UEFA qui empêche tout propriétaire d’un club d’en posséder un second. Cela n’avait pas empêché Chelsea et le CSKA Moscou de se retrouver dans le même groupe de ligue des Champions lors de cette saison 2004-2005 avec le FC Porto et le PSG. Une enquête fut tout de même menée par l’UEFA qui, bien sûr, a blanchi le milliardaire russe. L’année suivante, Abramovitch vend ses parts dans Sibneft à Gazprom qui devient donc le nouveau proprio du club, mais là aussi il y a un hic.
- Le Zénith St-Pétersbourg
Le club de nouveaux riches par excellence, c’est le plus riche du pays d’ailleurs avec son propriétaire Gazprom. Et ça n’a pas l’air de poser problème plus que ça de voir Gazprom propriétaire de deux clubs du même championnat (avec le CSKA Moscou comme vu précédemment).
Avant sa prise de contrôle par la troisième capitalisation boursière du monde, le Zénith végétait dans le ventre mou du championnat avec des pointes comme une troisième place en 2001, une finale de Coupe de Russie en 2002. Club, devenant finalement d’avenir, Gazprom se jette dessus et compte s’offrir de la sorte une fenêtre sur l’Europe occidentale. Le vieux stade Petrovsky va être mis à la poubelle d’ici 2009, un centre de formation va voir le jour. Dick Advocaat arrive pour entraîner l’équipe s’offre cette année un parcours mémorable en Coupe UEFA, éliminant Villareal, l’OM, le Bayer Leverkusen et le Bayern Munich avant se s’offrir le scalpe des Glasgow Rangers et la Coupe. C’est dans cette équipe (championne en 2007) que l’on trouve Alexander Anyukov, Roman Chirokov (qu’on a plus vu depuis la défaite contre l’Espagne), Konstantin Zyryanov et Andrei Arshavin. N’allez pas croire que son équipe type est composé de 11 russes. De ceux qui ont débuté la finale contre les Rangers à Manchester (2-0), il y avait un croate (Ivica Krizanac), un tchèque (Radek Sirl), un ukrainien (Anatoliy Tymoschuk) et un turc (Fatih Tekke), le coréen Kim Dong-Jin entrant en jeu en toute fin de match.
Une manne financière énorme
Il ne fait aucun doute que l’on ne se passionnera jamais, de nos canapés français, pour un match Saturn Moscou Region - Rubin Kazan (où évoluent et Sergey Semak et Savo Molisevic pour ceux qui les cherchaient). Mais la réciproque est valable pour un Lorient – Le Mans.
En Russie, le football de club se développe à fond la caisse tant les investissements sont énormes de la part de groupes pétroliers et gaziers qui ne sont pas à un rachat de club près en ce moment pour se donner de la visibilité. C’est un championnat où l’on trouve des transferts à plusieurs millions d’euros et où Wagner Love (plus de 20 sélections avec le Brésil) se sent très bien au CSKA depuis 2004 malgré des offres du FC Séville, de Man City, de la Fiorentina, Marseille, Fenerbahçe et Chelsea. Son club le libère pour une somme entre 12 et 15 millions d’euros. Les équipes s’habillent chez la virgule et les stades commencent à se remplir avec une moyenne de 13 500 spectateurs lors de la saison 2007, de 11 800 en 2006 et 12 000 en 2005. Le Spartak Moscou accueille 24 000 spectateurs en moyenne au stade Luzhniki (qui peut en contenir 84 000). C’est dire la marge de progression. On apprend lundi soir que Jan Koller part finir sa carrière au club de Samara. Le géant tchèque est apparemment gêné par l’idée d’évoluer en Bundesliga 2 où son club de Nuremberg descend. Le transfert s’élève à un million d’euros ; pour un joueur de 35 ans…
24 juin 2008
Y a plus de respect pour rien !
Pelé peut s’ouvrir un compte sur vie de merde.com. Il y a deux semaines, il s’est fait détroussé par une bande de sauvageons dans sa ville de Santos et dans sa voiture.
Si même les légendes vivantes ne sont plus à l’abri de l’insécurité, où va le monde ma bonne-dame ? Il y a deux semaines, le Roi Pelé s’est fait détroussé dans sa voiture par une bande de sauvageons alors qu’il se trouvait dans la ville du club de son cœur : Santos. L’information a été rapportée par le magazine Brésilien Veja avant d’être reprise, évidemment, par toutes les agences de presse du monde.
La bande de jeunes a encerclé la voiture dans laquelle le triple champion du monde 1958, 1962 et 1970 avait pris place. Se faisant reconnaître, Pelé pensait certainement couper au dilemme de « la bourse ou la vie » ses agresseurs étant armés de revolvers et de couteaux. Niet, le trésor national s’est fait soulager de sa montre, de sa chaîne en or, de son portable et de son ego.
À 67 ans, le joueur du XXè siècle selon la FIFA en a certainement vu d’autres, mais la proximité de cette agression avec l’affaire des travelos de Ronaldo met en évidence une tendance lourde pour les délinquants à s’octroyer quelques richesses des gloires du ballon rond. Les footballeurs stars d’aujourd’hui ne sont-ils plus considérés comme des demi-dieux comme ils semblaient l’être autrefois au pays du football samba, des nichons refaits et de Copa Cabana. Le chantage à la sex tape de Djibril Cissé pourrait confirmer une tendance devenant lourde.
Individualité contre sport collectif : le culte de la personnalité.
Alors que l’opinion publique (celle des journalistes et Fabien Onteniente en fait) réclame une équipe de France plus ouverte à son public lors des grandes compétitions. Les événements récents vont donner du grain à moudre aux spéculateurs sécuritaires. L’argument de la pression et du nécessaire besoin d’unité d’un groupe prenant le dessus auprès de staffs techniques qui ne regardent qu’à la performance.
Le football devient-il un sport individuel ? L’on pourrait trouver ici une raison à ce soudain reflux de réalité pour des joueurs déconnectés par leurs professions et leurs trains de vie.
Les échecs du Portugal, des Pays-Bas ou de l’équipe de France à l’Euro 2008 confirment que les sélections d’individualités souffrent au détriment d’(esprits d’) équipes comme la Turquie ou la Russie. Cristiano Ronaldo a montré que tout pétri de talent soit-il, il ne crée l’exploit qu’une fois sur 20, 30 ou 100 et quand ça ne passe pas, il n’a pas cette culture du jeu collectif, ce sens de mettre son talent au service d’un collectif défaillant.
23 juin 2008
Espagne-Italie (0-0, 4 t.a.b à 2) : San Iker c'est le plus fort !
Quitte à avoir les deux meilleurs gardiens du but sur le même terrain, le minimum de politesse aurait été de les faire briller ou bien de brûler en pleine gloire comme n’importe quel Petr Cech venu. Les penaltys s’en sont chargés faute de combattants.
Hormis la frappe « Olive et Tom » de Senna où le ballon bouge encore avec plein d’effet après l’arrêt de Buffon (81è), bof rien. Espagne-Italie, c’est un match à ranger aux côtés des autres matchs ennuyeux de cet Euro 2008 comme Roumanie-France ou Suisse-République Tchèque. Signe que les temps changent, même en football, ni l’Italie, ni l’Espagne ne fait office de favori contre la Russie jeudi prochain, paradoxalement. Mais lors d’une demi-finale, qu’est-ce qu’être favoris ? Le football a rendu bien assez de verdicts proprement hallucinants pour qu’on sache que ça se joue régulièrement à peu de chose.
Boucher les trous, point barre.
Sur un rythme de match amical, Espagnols et Italiens étaient d’accords sur un point : Ne pas encaisser le premier but. Les hommes de Donadoni et d’Aragones appliquèrent scrupuleusement les consignes quitte à se faire siffler par le Ernst-Happel Stadion à la mi-temps et à la fin du temps réglementaire. Il Faut dire que les duos Toni-Cassano d’un côté et le duo Torres-Villas de l’autre se sentaient très seuls à l’approche des buts adverses. Visiblement parce qu’Aquilani et Ambrosini d’une part et Silva et Iniesta de l’autre avaient pour sacerdoce de tenir leurs couloirs. David Silva trouvant tout de même le moyen de faire voir… sur le côté droit frappant une demi-douzaine de fois au but sans réussite et pouvant obtenir une fois ou deux un penalty.
La première période de l’extra time laissait croire que les Ibériques étaient plus pressés d’en finir que leurs homologues aux quatre étoiles. Mais voilà, David Villa a fini le match sur les rotules. Fernando Torres a bien été muselé par la charnière Panucci-Chiellini. Tout bon en Liga a-t-il été cette saison avec l’Atletico Madrid, Daniel Güiza (27 buts) n’a fait rêver personne du haut de sa sixième sélection (un but contre la Grèce) lorsqu’il est entré en jeu à la 85è. Il a en plus trouvé le moyen de rater son penalty qui mettait l’Espagne en demi-finale. Visiblement à côté de ses pompes dans la projection du jeu vers l’avant, Xavi fut sorti à l’heure de jeu au profit de Fabregas, ce dernier ayant le punch nécessaire pour trouver quelques décalages mais souffrant de la fatigue de ses coéquipiers.
Au rayon Italien, Gattuso et Pirlo étaient suspendus, mais n’ont pas manqué dans les tâches défensives. Néanmoins, l’activité et la précision laser de Pirlo auraient pu faire la déférence sur coup de pied arrêté pour trouver Toni dans la profondeur ou de la tête. Là où Perrotta et De Rossi ont montré toutes leurs limites, y compris pour tirer un penalty (De Rossi). San Iker sort deux penalty et met les Ibériques sur la bonne voie. Fabregas finissant le boulot.
C’est qui les joueurs de ballon ?
Pas de France-Italie, mais un Russie-Espagne ! donc… Comme dit Pierre Menes chez Estelle Denis, « on est enfin débarrassé de cette équipe d’Italie ». Rappelons que les deux équipes se sont jouées dans la Poule D, victoire 4-1 de la bande à Villa qui avait réalisé un triplé et réussit à chopper en le ballon du match comme le veut la tradition chez eux.
Autant vous prévenir, les Russes n’ont pas le niveau du premier match, et la paire Kolodin-Shirokov ne se fera pas attraper deux fois en trois semaines et Archavin le jouera ce match-là. Et puis je ne parlerai pas de Semak, ça va m’énerver.
Biens moins tranchant dans leurs frappes que lors de la finale de la Coupe du Monde en Allemagne contre les Bleus, les Italiens quittent la compétition par la petite porte évitant ainsi que pour la quatrième fois dans ces quarts de finale, qu’un deuxième de poule ne sorte un premier. Déjà trois fois c’est un record. Alors pour parler des espagnols que l’on survend beaucoup (y compris dans ces pages), l’on voit que l’Espagne ne joue pas tant que ça du football offensif et que comme toute équipe sous pression, son jeu soi-disant attractif est sacrifié sur l’autel de l’enjeu.
22 juin 2008
Carnet de vacances
Ça fait longtemps que je ne vous avais pas écris hein ? à se demander si j’avais pas signé au Qatar ? Non, Rennais et fier de l’être encore et toujours. Du moins, c’est ce que je réponds au journaliste stagiaire du courrier quotidien de l’île barbare, mais néanmoins très exotique, où je passe mes vacances.
Moustache m’a appelé pour dire que l’entraînement reprenait le 22 juin. À l’autre bout de l’océan, je crois qu’il a entendu mon éclat de rire, pourtant étouffé comme j’ai pu. Il a rajouté qu’entre Briand qui veut à tout prix partir à Paris, Pagis qui veut rester et personne qui ne veut de Thomert, je ne suis pas près de partir à la retraite. Y’en a qui doute de rien, j’vous jure.
Didot s’est barré à Toulouse poursuivre sa carrière internationale. Bah oui, après la Bretagne, le voici en pays Occitan, certainement un garçon qui a été touché par les propos de Chirac sur la disparition de deux langues par jour. Je l’aimais bien Étienne, mais il faut avouer que niveau choix de carrière c’est un mec qui voit loin… Au moins jusqu’en ligue 2.
Et pour une fois, on a annoncé que Leroy resterait deux années de suite dans le même club. Au nom de toutes ces raisons, moi je vais rester en vacances, pénard, les doigts de pied en éventail à regarder les petites indigènes jouer au concours de t-shirt mouillé sans t-shirt.
Sinon, j’ai vaguement suivi l’Euro depuis deux semaines, mais ça n’a pas été très simple. Avec le décalage horaire, les matches débutaient aux Caraïbes à l’heure du petit-déjeuner du midi ou pendant la sieste. Et puis le petit-déjeuner, ça dépend de quelle heure on rentre de boîte de nuit. Parce que même l’équipe de France ne passera pas devant les nécessaires 12 heures de sommeil après soirée resto-boîte-filles-after-resto-fille-maison. Surtout que ça à l’air très compatible en ce moment. Équipe de France et dodo…
Alors j’ai réuni tout mon courage pour regarder France-Roumanie, mais il faut avouer que je dormais avant la mi-temps. C’est Ludo qui m’a réveillé en m’appelant sur mon iphone mort de rire qu’il était après le 0-0. S’en sont suivi les coups de fil de Robert et David qui eux-aussi avaient les larmes aux yeux. J’ai passé un fil à micka Landreau, lui il pleurait pour de vrai, parce que si c’était pour faire ça, il aurait pu y aller aux Alpages au lieu de se faire fusiller dans les médias par Charles Villeneuve.
Pour les Pays-Bas, c’est micka qui m’a appelé. Il m’a écorché l’oreille en gueulant que les frappes de Sneijder et Robben, il aurait arrêté lui ! Et peut-être même celle de van Persie, mais que ça dépendait essentiellement du marquage d’Armand et Ceara. J’ai pas compris où il voulait en venir.
Pour l’Italie, c’était le plus fun ! à la fin du match, Robert m’a envoyé un SMS et me proposant d’envoyer un texto à Domenech qui disait ceci : « Raymond, si tu ve gagner litaly fé appel à d gars sûrs et fidels comme 13eguet, Wiltord et Pires. Signé Robert ». J’ai dit amen et lorsque Raymond a reçu le message, il a pété les plombs et cru qu’on parlait de sa femme et a dit qu’il voulait épouser la belle Estelle.
L’antiwiltord est une parodie de journal intime de footballeur et n’a pas pour but de nuire à qui que ce soit, mais plutôt de rire des stéréotypes du football.
21 juin 2008
Luka Modric : c’est qui ce ptit con ?
TF1 et M6 ont beau glorifier ce jeune et talentueux joueur croate, c’est à en oublier que le commun des mortels ne sait pas vraiment de qui l’on parle alors voilà, bingo ! Il a gagné sa fiche cuisine, quitte à rater son penalty contre la Turquie.
Tout part d’un fou rire. Lorsque l’Autriche a débuté son Euro contre la Croatie, ça ne faisait pas trois minutes que TF1 avait pris l’antenne que déjà on nous vendait du Luka Modric comme élément redoutable qui va allait faire paniquer la défense autrichienne. Et si Arsène Wenger savait bien de qui l’on parlait pour le simple fait qu’il s’est fait souffler la signature du joueur par Tottenham, il n’en reste que votre serviteur est tombé dans le fond de son canapé à l’annonce de la starification soudaine du joueur.
Né le 9 septembre 1985 à Zadar dans un pays qui s’appelait encore la Yougoslavie (la Croatie n’étant que l’une des six Républiques fondatrices en 1943 avant l’indépendance de 1991 et les suites que l’on sait), Luka Modric a une enfance ponctuée par la guerre. Son truc à lui c’était le football et entre les mines, la purification ethnique et la mission de maintien de la paix de l’ONU. Mais il grimpe les échelons.
Le Cruyff des Balkans… ou de derrière les fagots ?
En passant professionnel en 2003 pour le Zrinski Mostar en première division du championnat de Bosnie-Herzégovine, le milieu offensif axial a déjà vaincu la fatalité et le contexte de son pays. En étant élu joueur de l’année en 2004 il roule une pelle au destin. Parce qu’en plus d’avoir eu la chance de faire du football son métier, le gnome d’1m74 s’est forgé une solide réputation de joueur rapide technique, presque anachronique avec son poste de numéro 10, façon Diego, les buts en moins. Sa précision de passe toujours dans la profondeur est sans aucune contestation son point fort. Parce que pour les penalty, il repassera. Son numéro en équipe de Croatie (14), cette petite taille, ce nez bizarre, cette tignasse au vent en font un clone de Johann Cruyff. D’ailleurs c’est son surnom au pays : Le Cruyff des Balkans. De là à en faire le fils spirituel du Hollandais volant, Modric, à 22 ans, a à peu près deux ans pour nous convaincre dans un grand championnat et, si possible, sur la scène européenne. Sinon on se contentera de dire qu’il ressemble à David Guetta. Ou Dave.
En France, on en a vu des ex-futurs Zidane (Meriem, Meghni, Le Tallec) pour avoir un minimum de recul, quoique si l’on écoute Christian Jeanpierre.
Le grand championnat c’est fait, puisque Modric va rejoindre la Premier League à la faveur d’un transfert estimé entre 16 et 20 millions de Livres (entre 20 et 25 millions d’euros) du Dinamo Zagreb à Tottenham. Club qui a du pognon, mais pas vraiment de résultats si ce n’est la Coupe de Ligue au printemps dernier, gagné après prolongations contre Chelsea (2-1). Le premier point positif est qu’au moins il jouera la Coupe UEFA avant la C1 et son transfert, qui interviendra tôt ou tard, à Chelsea ou Man U. Le second est que Pascal Chimbonda a gagné quelque chose.
Pour le sauver, tapez 1, pour le crucifier tapez 2
Contre la Turquie en quart de finale du Championnat d’Europe des Nations, Luka Modric s’est préoccupé de jouer essentiellement vers l’avant. Avec des décalages trouvés dans la profondeur pour Ivica Olic ou Niko Kranjcar. C’est même lui qui centre pour le but Ivan Klasnic, le double greffé du rein, à la 118è minute de jeu, son deuxième dans la compétition après celui de la gagne contre la Pologne. Mais l’âme de Kostadinov plane au-dessus de la sélection Turc et il faut plus d’un but d’avance à deux minutes de la fin des prolongations pour éliminer la sélection Turc. Bah ouais, normal !
Le petit génie croate (pour reprendre la terminologie des vidéos sur dailymotion et youtube) fut le premier à se présenter devant Rustu pour la séance fatidique des tirs au but. Et fut le premier à rater, entraîneur l’effondrement de son équipe et la crise de larme de Diego Srna, seul Croate à avoir réussi son penalty entre Modric, Rakitic, Petric et lui. Le moment de gloire attendra donc un peu à moins que ça ne soit le début de la fin d’une étoile filante du football moderne. Rendez-vous le 16 août prochain avec sa nouvelle équipe de Tottenham contre Middlesbrough, l’équipe de Tuncay Sanly.

