jean_marc_furlan_entraineur_strasbourgSamedi soir, lors de Strasbourg-Lyon (1-2), l’entraîneur alsacien Jean-Marc Furlan aurait traité Fabio Grosso de « macaroni de merde ». Une affaire de racisme quand ce n’est pas le PSG, ça n’intéresse personne.

Stade de la Meinau, samedi dernier. Match de la peur. Le Racing reçoit l’Olympique Lyonnais pour ne pas se laisser décrocher dans la course au maintien en ligue 1. Si les locaux ont la bonne idée d’ouvrir la marque par l’intermédiaire du Colombien Wason Renteria à la 21è, Eric Mouloungui imprime sa semelle sur la cheville du défenseur lyonnais Italien Fabio Grosso peu avant la mi-temps. Carton rouge tout à fait justifiable. Pas pour Jean-Marc Furlan qui crie au scandale. Il aurait traité à ce moment-là l’Italien de « Macaroni de merde ». Sur le bord de touche, personne n’a bronché. Ce qui laisse l’info au conditionnel. Ce qui est nettement plus avéré, et y compris dans l’Équipe de dimanche, c’est que ce technicien, cet éducateur de 50 ans (passé auparavant par Libourne Saint-Seurin et Troyes) en a remis une couche en conférence d’après match en disant : « on ne peut pas dire que l’Italien a renié ses gènes ou sa race ». Les propos sont retranscrits dans le quotidien du sport et de l’auto de dimanche et personne n’a bronché sur l’événement. Aucun média, tout juste Pierre Menès dans 100% foot sur M6 en deux minutes. À mon avis, ces propos sont au moins aussi scandaleux  que la fameuse histoire de la banderole du stade de France. Car si Furlan revient sur l’expulsion de Mouloungui après le match. Donc une demi-heure après le coup de sifflet final, il est exclu que l’on soit toujours à chaud. Ce n’est pas une boulette mais bien du racisme. Furlan fait étalage de toutes ses connaissances en matière de « racialisme ».

saccoLa LICRA a failli se faire attendre…

Mais voilà, le RC Strasbourg ne fait rêver personne, n’est pas un club glamour, connu, célèbre, qui attire 150 journalistes à la moindre de ses communications. Bref, le RCS n’est pas un club qu’on aime détester.
Du coup, on a cette impression bizarre que sous-entendre qu’il y a une race italienne portée sur la tricherie est moins grave qu’une dizaine de gars qui déballent une banderole « Pédophiles, chômeurs, consanguins : Bienvenue chez les Ch’tis ! » au Stade de France un soir de finale en la divine présence de Monsieur le Président de la République Nicolas Sarkozy et de la moitié du gouvernement. Dingue ça ! Par exemple, chose assez remarquable, je n’ai reçu le mail (et donc l’ensemble des rédactions aussi) de la part de la LICRA que ce lundi à 17 heures. Là, aussi c’est pas drôle quand on ne parle pas du PSG ? Jamais à l’abri d’un coup de pub, l’association s’étonne « du peu d’émotion suscitée par les propos de Jean-Marc Furlan, symptomatique de la banalisation de ce type de discours ». On est deux.
19h24, l’Équipe.fr en parlait enfin, comme quoi ils ont bien reçu le mail de la LICRA. L’ensemble des rédactions ont alors fait le « boulot » et reprennent le communiqué de la ligue (RMC, l’Équipe TV, Infosport...). Chez Saccomano (on refait le match) on préfère revenir sur les propos du Président du Racing Philippe Ginestet sur l’arbitrage et à la rigueur sur les propos de Furlan insistant en guise de conclusion que Furlan est un nom du nord-est de l’Italie. Dans le journal qui suit sur LCI ? rien à foutre, eux qui ne s’étaient pas privés de faire leur chou gras de l’affaire de la banderole.
Et moi dans tout ça ? Et bien le brouillon de cet article était rédigé le dimanche après-midi et publié qu’aujourd’hui mardi en fonction de la programmation des autres articles. Vous noterez que j’ai reculé la publication du XV d’Europe part.8 pour ça.

Fallait-il dissoudre Jean-Marc Furlan ?